Un regard suffit parfois pour reconnaître un modèle.
C'est le cas de cet avion baptisé Manon : son allure attire immédiatement
la curiosité. Que ce soit au sol ou en vol, ce petit biplan de
seulement 80 centimètres d'envergure dégage un charme
irrésistible. Il est issu d'un kit tout bois à assembler
produit en exclusivité par le fabricant français Silence
Model.
Le biplan Manon conçu par Pascal Cepeda, dynamique fondateur de Silence Model, est disponible en kit tout bois à assembler.
Caractéristiques
techniques
Nom : Manon
Fabricant : Silence Model
Envergure : 80 cm
Longueur : 83,5 cm
Surface : 22,2 dm²
Profil : Plan convexe
Poids : 760 g
Charge alaire : 34 g/dm²
Prix indicatif : 85 €
Equipements :
Moteur : O.S. Motor OMA 2815-1100
Hélice : 9x5
Contrôleur : 30 A
Batterie : Lipo 3S 2200 mAh
Radio : 4 servos 9 g
Une silhouette hors du temps
Avec son fuselage trapu, son cockpit ouvert et ses deux ailes empilées aux proportions inhabituelles, le Manon semble sorti d'un album illustré racontant les débuts héroïques de l'aviation. Son dessin évoque autant les appareils de la Première Guerre mondiale que les avions imaginaires des bandes dessinées.
Cette personnalité visuelle est loin d'être un hasard.
Derrière ce modèle se cache une histoire familiale. En
effet, Pascal Cepeda avait construit à sa fille Manon, 4 ans,
un jouet en bois en forme de biplan, pour qu'elle puisse faire "comme
papa avec ses avions".
Manon, la fille de Pascal
Cepeda, posant avec son jouet en bois reçu quelques années
plus tôt et la version Depron du même nom. C'était
il y a longtemps... Et à côté, les 3 versions
de l'avion.
Un peu plus tard, Pascal avait repris ses outils pour en faire une
version légèrement plus grande, capable de voler, tout
en Depron. Si vous êtes fan du site des Jivaros, vous la connaissez
depuis longtemps puisque le
modèle est présenté en détail avec son
plan téléchargeable.
Un kit à l'ancienne, dans le bon sens du terme
Le plan du Manon, déroulé sous la petite boîte contenant le kit.
Le modèle qu'on vous présente aujourd'hui est une version
encore agrandie, à assembler à partir d'un kit tout bois
découpé au laser. Dès l'ouverture de la boîte,
le ton est donné. : la découpe laser est précise,
les assemblages tombent juste et la structure bois fait appel à
un mélange intelligent de balsa et de contreplaqué. Le
montage reste accessible à un constructeur possédant déjà
une première expérience. Le Manon appartient à
cette catégorie de kits qui procurent autant de plaisir à
construire qu'à piloter.
Un des grands atouts du Manon : il invite naturellement son propriétaire à se l'approprier. Certains lui offriront une décoration civile colorée, d'autres les couleurs d'un appareil de démonstration d'une autre époque ou le transformeront en chasseur imaginaire de 1917. Chaque exemplaire finit par raconter sa propre histoire.
Montage du fuselage
La boîte ne contient pas de notice de montage mais le site du
fabricant présente un album-photo détaillant toutes les
étapes d la construction. C'est amplement suffisant car les pièces
sont parfaitement identifiables sur le plan et conçues pour s'emboîter
sans aucun risque d'erreur. Voici tout de même quelques photos
de notre modèle.
La cellule étant principalement composé de contre-plaqué,
il est préférable d'effectuer les collages à la
colle blanche plutôt qu'à la cyano.
Les pièces constituant le fuselage
sont toutes en contre-plaqué très ajouré. On
commence par coller la platine centrale et toutes les cloisons verticales.
Le deuxième flanc est alors ajouté en s'assurant qu'aucune cloison n'a été oubliée. Gros plan sur celles qui emprisonneront le train d'atterrissage.
Mise en place du coffrage supérieur à l'avant. Les tenons et mortaises assurent une géométrie parfaite.
L'arrière est pincé puis les coffrages dessus et dessous sont installés.
Platine de renfort devant le support de train et cloison support moteur.
Le coffrage supérieur est échancré pour laisser passer les mâts de la cabane.
Les mâts de la cabane sont doublés
par des baguettes prenant appui sur toute la hauteur du fuselage.
Les gaines pour passer
les commandes de profondeur et de direction sont glissées
à ce moment-là.
La cabane est alors
enfoncée et solidement collée dans le fuselage.
Construction des ailes
La construction des ailes commence par la partie centrale. Les nervures sont glissées sur le longeron vertical.
Le bord de fuite central de l'aile haute est arrondi au-dessus du poste de pilotage.
L'intrados est coffré dans un premier temps puis c'est au tour de l'extrados.
Les parties externes sont construites à leur tour, avec une épaisse baguette pour le faux bord de fuite et les saumons arrondis déjà découpés en forme..
Collage des saumons arrondis. Notez le longeron formant des côtes de cheval.
On répète les étapes
pour l'aile basse qui a pour sa part un bord de fuite rectiligne
sur toute l'envergure.
Là encore, la partie centrale est coffrée.
Une fois les ailes assemblées,
il faut passer au ponçage.
La mise en forme à
l'aide d'une cale à poncer est rapide, c'est du balsa.
Les bords d'attaque et les saumons sont
arrondis tandis que les faux bords de fuite sont poncés en
biseau dans le prolongement des nervures.
Les ailerons sont confectionnés
en structure avec deux baguettes et quelques nervures.
Les nervures doublées emprisonnent le guignol en époxy.
Les ailerons sont présents uniquement sur l'aile basse.
Mise en forme des ailerons par ponçage.
Equipement et entoilage
Les jantes ont été
démontées des roues afin de les peindre de couleur
dorée assortie au décor.
La cellule assemblée,
prête à être entoilée. Lucie, la fille
de Greg, semble elle aussi réclamer son avion...
Deux trous sont percés
dans le coffrage supérieur de l'aile basse, afin d'y glisser
les câbles de servos. Ces derniers sont placés tête
en bas, à l'intrados.
Le fuselage et l'extrados
des ailes sont recouverts d'Oracover rouge nacré. Le dessous
est entoilé avec un film transparent.
Décor
Je souhaitais un décor inspiré des avions de foire ou
de cirque comme ou pouvait en voir après la Première Guerre
Mondiale. J'ai demandé à CD-Design (Didier Cervera) de
me tracer un décor. Quelques temps plus tard, après avoir
validé la proposition de Didier, je recevais une grande planche
de vinyle doré découpé composée d'une multitude
d'autocollants à poser.
Le décor
personnalisé avait été commandé à
CD-Design. Il est découpé dans du vinyle autocollant.
Le décor est
original mais sous certains angles, le doré ne ressort
pas beaucoup.
Quelques détails en gros plan
Les ailes sont démontables.
Elles sont plaquées sur le fuselage de façon classique,
avec des tourillons et des élastiques.
Le moteur choisi est
largement assez puissant. Le dessous de l'avion n'est pas coffré,
c'est curieux...
Les servos sont accessibles
par l'ouverture du poste de pilotage.
Chaque aileron (présent uniquement
sur l'aile basse) est actionné par un servo placé
sous l'aile.
Pas de roulette directrice à l'arrière mais une simple
béquille en contre-plaqué.
Les roues peintes de la même couleur
que le décor. Le train est simplement enfoncé en force
dans son logement.
Une douceur en vol
Montage des ailes
tenues par élastiques. L'avion peut cependant tenir tout
monter dans un coffre de voiture.
Le décollage
s'effectue parfaitement face au vent du fait de l'absence de roulette
directrice.
Sur piste en dur, dès les premiers mètres de roulage,
le Manon révèle un comportement sain et prévisible.
Des petits coups de gaz permettent de souffler la dérive car
il n'y a pas de roulette directrice. Face au vent, le décollage
s'effectue sans difficulté particulière et le modèle
prend rapidement son assiette de croisière.
Sur piste en herbe, c'est plus compliqué. Le modèle passe
rapidement sur le nez si les roues sont un tout petit peu freinées.
Il faut une herbe bien rase et une piste très lisse.
Le plus simple est alors de tenir le modèle juste devant le train
d'atterrissage et de le propulser le nez légèrement pointé
vers le haut.
Une fois en l'air, la première impression est celle d'une grande
douceur. Le profil d'aile choisi offre une portance généreuse
et un décrochage particulièrement docile. Même à
faible vitesse, le biplan conserve son calme et pardonne beaucoup.
Cette facilité n'exclut pas le caractère. Le pilote
attentif découvrira rapidement qu'il est possible de peaufiner
les trajectoires et de travailler un pilotage précis en coordonnant
correctement les gouvernes. Le Manon est donc capable de satisfaire
aussi bien le pilote loisir que l'amateur de belles évolutions.
Le Manon peut voler
lentement et grimper très fort avec la motorisation installée.
Les tonneaux, les renversements ou les passages tranche ne sont pas
hors de sa portée. Bien sûr, il ne s'agit pas d'un pur
avion de voltige, mais il dispose d'une réserve de ressources
suffisante pour offrir un spectacle varié et vivant.
Même s'il n'a pas les capacités
d'un avion de voltige, les figurent de base tournent sans problème.
Sur le dos, il faut quand même une bonne action à pousser.
On sent bien la trainée des deux ailes. En coupant totalement
les gaz, le modèle reste contrôlable mais il chute beaucoup.
Il n'est donc pas utile de venir de loin pour atterrir. Un petit coup
de moteur permet de souffler la profondeur afin d'effectuer un bel arrondi.
Sur piste en dur, l'avion roule quelques mètres. Par contre sur
piste en herbe, il a tendance à basculer sur le nez. Ca reste
sans conséquence vu la faible vitesse.
L'atterrissage s'effectue à faible
vitesse, en conservant un filet de gaz pour arrondir.
Une aile de plus... avec un berceau de portage !
Le planeur Virus
s'envole, emporté sur le berceau du Manon.
( Ces deux kits sont produits par Silence Model.)
Le biplan Manon bénéficie d'une charge alaire réduite
grâce à ses 2 ailes, et il est bien motorisé. J'ai
greffé sur l'aile haute un berceau
de portage amovible, confectionné sur mesure, pour embarquer
un planeur Virus,
lui aussi proposé par Silence Model. Il faut bien sûr 2
émetteurs et 2 pilotes pour faire évoluer cet ensemble.
On trouve toujours sur le terrain un copain qui accepte de tenir l'un
ou l'autre rôle.
La puissance étant largement disponible,
le Manon est capable d'emporter un micro-planeur comme le Virus
sur un berceau de portage.
La grimpée s'effectue en sécurité.
A l'altitude désirée, le planeur est largué
grâce à un servo solidaire du berceau.
Le charme avant tout
Dans le monde de l'aéromodélisme, certains modèles
impressionnent par leurs performances. D'autres séduisent par
leur fidélité historique. Le Manon suit une voie différente
: Il séduit par sa personnalité.
Facile à construire, agréable à piloter et doté
d'une silhouette unique, ce petit biplan rappelle que le plaisir ne
se mesure pas uniquement en vitesse ou en figures spectaculaires. Il
suffit parfois d'un avion attachant, bien conçu et différent
des autres pour retrouver l'envie de passer une après-midi entière
au terrain. Une réussite qui prouve que l'originalité
a encore toute sa place dans l'aéromodélisme moderne.