En septembre 2022, l'Ukraine ne possédait
déjà presque plus d'avions de combat. Aidé
par la CIA, le pays a entamé une vaste opération
d'achat de Sukhoi Su-27 au Kazakhstan, en Ethiopie et en Uzbekistan,
pour compléter la trentaine de chasseurs ukrainiens, cloués
au sol faute de pièces de rechange russes. Ces appareils
obsolètes ont été secrètement modifiés
par la firme Antonov dans une usine proche de Lviv, à la
frontière polonaise.
Les ingénieurs ukrainiens, appuyés par la firme
Lockheed Martin, ont transformé la cellule afin d'intégrer
un unique réacteur américain P&W F-135U, dérivé
de celui du F-35.
Grâce à sa maîtrise des composites, la firme
belge Safran à Milmort a pour la première fois exploité
la manufacture "CR3DIT" (Composite Reinforced 3D Integrated
Technology) pour imprimer en un temps record de nouveaux plans
canards et toutes les pièces de structure nécessaires.
Boeing a en outre fourni une avionique aux normes OTAN issue du
F/A-18E.
La campagne d'essais a commencé début 2024 avec
les premiers vols des prototypes. Ce nouveau chasseur de génération
« 4+ », monoréacteur biplace en tandem, a été
baptisé Su-40 Tiger .
... Belle histoire, mais en réalité ce
modèle fictif a été créé par mon
camarade de club Tony
Tony m'a envoyé les fichiers d'une maquette statique d'un Su-27
monomoteur. J'ai importé les STL dans le logiciel Blender et
j'ai commencé à transformer la forme originale pour former
un jet RC pour turbine de 70 mm en 6S. Je l'ai appelé "Su-28".
Le premier prototype a décollé en utilisant un bungee.
Il volait très bien mais la forme de l'avion empêchait
d’avoir une incidence suffisante pour le décollage. Les
"tailerons" avaient besoin de beaucoup de débattement.
Leurs extrémités s'enfonçaient dans l'herbe et
se cassaient.
J'ai donc ajouté des trains rentrants au Su-28. Cette version
a volé correctement mais était fort lourde pour une structure
imprimée en 3D. La vitesse d'atterrissage était élevée
et comme notre piste d'atterrissage est courte et pas très plate,
j'ai fini par arracher le train avant, cassant le fuselage en deux.
Je suis donc retourné dans Blender et j'ai ajouté des
canards. Les surfaces supplémentaires permettent de voler avec
moins de débattement aux empennages, et l'avion est superbe en
vol ! J'ai également ajouté deux quilles verticales pour
protéger les empennages à l'atterrissage et j'ai conçu
un chariot pour le décollage. Le Su-40 était né...
Premiers vols du Su-40 entièrement
imprimé en 3D avec du filament LW-PLA.
La modélisation a été
effectuée avec le programme Blender.
Caractéristiques techniques
Nom : Sukhoi-40 Tiger
Envergure : 94 cm
Longueur : 119 cm
Propulsion : Turbine EDF 70 mm 6S
Contrôleur : ESC 80 à 100A
Batterie : Li-Po 3600 mAh 6S
Masse au décollage : 2080 g (1580 g sans batterie)
Surface alaire estimée (avec fuselage porteur) : ±21
dm²
Charge alaire: ±99 g/dm²
Les fichiers pour imprimer entièrement
le Sukhoi 40 ainsi que le manuel de montage illustré et
les fichiers de décoration sont
téléchargeables sur Cults3D au prix de 25 €.
J'ai décidé que ce modèle imprimé en 3D
serait adapté à un usage quotidien. Grâce à
la construction épaisse "façon balsa", vous
n'aurez pas peur de percer la peau du fuselage lorsque vous manipulerez
le modèle ; ce n’est pas un "pot de yaourt" !
Cette conception spécifique signifie aussi que l'avion peut être
facilement agrandi ou réduit. Le manuel d’origine en anglais
peut être traduit automatiquement (dans Word, allez sur Révision
=> Traduire => Traduire le document).
L’impression se fait quasi exclusivement avec du filament "LW".
Pas de filament "pre-foamed" ("pré-expansé"),
ni de PLA : trop lourd, trop fragile. Je recommande le PolyLight
1.0 de 3DLabPrint.
Le Su-40 ne s’adresse pas à des débutants, ni
pour le vol, ni pour l’impression. Idéalement, il faut
avoir déjà monté un ou deux avions imprimés
en LW. Le manuel explique en outre comment "slicer" les fichiers
de façon à avoir plusieurs densités de remplissage
dans la même pièce, ce qui est assez simple à faire
avec Cura. Cela dit, je livre des fichiers GCode adaptés à
de nombreuses imprimantes clones de Prusa. Mes prototypes sont sortis
d’une Creality Ender 3 S1.
Quelle allure avec tout ses équipements.
Ils sont tous inclus dans le dossier de fabrication.
Le signataire, très satisfait
de sa dernière conception.
Le volume d’impression est de 22x22x27 cm mais des pièces
optionnelles sont disponibles pour ceux qui ont une imprimante plus
petite, à partir de 21x21x23 cm. Si la vôtre est encore
plus petite, vous pouvez importer les fichiers STL dans un logiciel
de 3D et tronçonner les pièces, ou imprimer un avion plus
petit. Notez que la pièce F4 d’origine fait 167 g et est
terminée après 1 jour et 15h sur ma Creality. Le Su-40
est un gros modèle et le temps d’impression est en rapport.
La verrière est elle
aussi imprimée, avec du filament PVB transparent lissé
à l'alcool isopropylique (méthode
décrite ici).
Il faut un peu plus d’un kilo de filament LW pour terminer cet
avion, et ±300 g de PLA pour le chariot de décollage.
L’avion n’est pas démontable, mais il rentre sans
souci dans une voiture en repliant les sièges arrière.
On peut facilement rendre les hautes dérives démontables,
avec du tube en carbone de 6 mm. Cela permet de pendre l’avion
au mur sans se cogner dedans…
Les ailes sont simplissimes car elles ne possèdent ni clé,
ni ailerons, ni volets. Ceux-ci ne sont tout simplement pas nécessaires.
Le profil épais et la corde importante rendent les ailes assez
rigides pour se passer de clé. Les tailerons et canards suffisent
largement à faire tourner l’engin et comme il décolle
et approche lentement (pour un jet), pas besoin de volets non plus.
L’avion est livré avec des pylônes et un armement
conséquent, d’origine soviétique et occidentale.
Par les temps qui courent, on ne sait jamais !
Sur des rails !
Décoller un nouvel avion est toujours une aventure. Surtout
quand il s’agit d’une création personnelle. Si en
plus c’est une formule "exotique" avec des plans canards,
le doute concernant l’emplacement du centre de gravité
ajoute encore un peu de stress. Bon, après j’ai suivi la
méthode patentée de Franck Aguerre. C’est scientifique,
ça doit marcher ! Et puis la version sans canards volait bien,
donc…
Le décollage s'effectue
depuis un chariot largable, lui aussi imprimé.
Je pousse le manche des watts timidement, ne sachant pas trop si le
chariot va rouler droit. Et de fait, l’appareil fait girouette
à cause du vent de travers. Comme ma piste
en "mou" ne fait que 4x40 m et qu’un tiers est déjà
passé, pas le choix : plein pot d’un coup !
Le temps s’allonge et pendant une interminable seconde je vois
avec horreur mon Su-40 sautiller sur une bosse, quitter son chariot
en bord de piste et retomber dans l’herbe ! Une part de mon cerveau
tire toujours le manche de profondeur tandis que l’autre coupe
le moteur. C’est alors que l’avion lève le nez et
décolle ! Remise de la post-combustion, le voilà en cobra
à cinq mètres du sol… Oh ! Ah ! Grrr ! Ouf ! J’ai
pu lui rendre un peu de vitesse et il vole, mais il s’en est fallu
d’un poil (je vous laisse apprécier la vidéo de
cette acrobatie)…
Premier décollage du SU-40
qui aurait pu être le dernier !
Après pas mal de trim en roulis, je constate que le Su-40 vole
magnifiquement ! Avec ses canards, il est un peu plus maniable que le
premier proto et vole "comme sur des rails", avec peut-être
un poil de frétillement dans les turbulences.
Après le vol je constaterai qu’une aile n’a pas
tout à fait la même incidence que l’autre, ce qui
explique les six crans detrim aux ailerons (ça n’arrivera
plus, j’ai modifié les fichiers pour ajouter des cales
d’incidence).
Je fais quelques passages pour les photos (tiens, j’ai largué
un missile au décollage !), deux tonneaux, un loop et un test
de centrage (parfait, merci Franck !) et la radio m’annonce quatre
minutes de vol. L’atterrissage est une formalité sur notre
piste en herbe et c’est avec un grand sourire que je bascule l’inter
de sécurité des watts.
L’atterrissage est une
formalité.
Le Su-40 est donc sain et facile à piloter mais il faut avoir
une certaine expérience des jets rapides, comme la Funjet de
Multiplex, par exemple. Une piste bien plane est recommandée
pour le décollage. L'atterrissage se fait sur de l'herbe courte.
Les vols suivants montreront qu’un vol étonnamment lent
est possible, et que le modèle n'a pas de tendance vicieuse.
Alors, si comme moi vous aimez les "Jets" originaux et qui
volent bien, foncez, vous allez vous régaler !