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Réparer un modèle imprimé en 3D
Plus simple qu'il n'y parait
Par Laurent
Schmitz (OO-AS300)
Auparavant, en cas d’impact, les modèles
imprimés en 3D explosaient en un nuage de petits morceaux de PLA
très ennuyeux à ramasser. On
l’a vu, de nos jours ce n’est plus vrai et les dégâts
sont souvent contenus. On va donc réparer le modèle, ce
qui est d’autant plus rapide qu’on peut ré-imprimer
la partie endommagée. Notez que les méthodes renseignées
ici sont souvent applicables à un modèle traditionnel en
balsa ou en fibre.
Le bel oiseau s’est pris la planète, les
débris jonchent le champ du voisin…
Commencez par collecter tous les morceaux. Pas seulement pour éviter
de polluer, mais parce que ça pourra vous servir pour réparer.
La première réaction est habituellement "ce n’est
pas réparable", mais mieux vaut en décider plus tard,
à tête reposée. En général, c’est
moins grave qu’il n’y paraît.
Examinez les dégâts. Il existe deux cas de figure : "les
morceaux peuvent s’assembler comme un puzzle" ou "il y
a des parties qui sont pulvérisées".
J’ai récupéré
tous les morceaux ! |
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| Le Hurricane de 3DLabPrint ne vole pas bien. Il est
trop lourd avec son train rentrant, qui en plus a tendance à
s’arracher, avec une partie de l’aile. Idéal pour
illustrer cet article ! |
Si l’avion est cassé net et qu’on
peut le reconstituer comme un puzzle, la réparation est rapide.
En gros, on remet tout à sa place en "pointant" les morceaux
avec de la cyano et de l’activateur, juste pour reconstituer le
volume. Ensuite, on recolle chaque fracture sur toute sa longueur en infiltrant
de la colle semi-épaisse.
Contrairement aux idées reçues,
en impression 3D, la jonction bord-à-bord de deux parois collées
à la cyano est généralement plus solide que la surface
imprimée avant le crash.
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Mon V1 piloté s’est
suicidé, mais la cassure est nette. Un peu de colle polyuréthane
(PU) et le voilà ressuscité ! |
Si la structure de l’avion possède
deux parois avec du remplissage entre les deux, on peut employer
de la colle polyuréthane (PU), qui va gonfler et remplir
les interstices.
Notez que si vous mélangez cette colle avec une goutte d’eau
ou de salive, elle gonfle encore beaucoup plus. Allez-y vigoureusement
car l’eau et la colle refusent d’abord de se mélanger.
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| La colle polyuréthane (PU), mélangée
vigoureusement à une goutte d’eau ou de salive, mousse
et gonfle en durcissant. |
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Après réparation,
on ne voit plus rien, le modèle est prêt à repartir. |
Pour un modèle à simple paroi, souvent
une fissure s’est formée. Collez un bout de ruban adhésif
sur l’extérieur de la fissure (côté visible).
Tournez l’avion pour que ce ruban soit en bas. Maintenant, coulez
de la colle cyano épaisse ou de l’époxy à deux
composants par l’intérieur sur la fissure. Après durcissement
complet, vous pourrez peler le ruban adhésif, la fissure sera comblée.
Si ce n’est pas une mince fissure mais plutôt
un trou béant, procédez de la même façon mais
collez un renfort par l’intérieur. Une planchette de bois
ou une chute de PLA récupérée d’une impression
ratée, par exemple. J’aime bien les touillettes en bois pour
mélanger le café. Elles sont aussi très pratiques
pour mélanger la colle !
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| J’ai cassé exprès cette
pièce en PLA+ pour illustrer la réparation d’un
fuselage à paroi unique. La réparation fait appel à
des touillettes en bois pour renforcer la jonction. De la PU bouche
le gros trou, puis de l’enduit ultraléger assure la finition.
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Quand c’est fait, il reste souvent
de petits défauts, des bosses et des fosses.
Vous pouvez remplir les petits trous et imperfections de surface
avec de l’enduit ultra-léger pour réparer les
murs. C’est celui dont le pot semble vide quand on le soulève
dans le magasin.
Petite séance ponçage et peinture, et l’avion
est prêt à repartir !
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| L’enduit ultraléger existe sous
de nombreuses marques. C’est celui dont le pot semble vide quand
on le soulève dans le magasin... |
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Tout le nez est écrabouillé
! |
Si maintenant il vous manque des morceaux ou que la
destruction est telle que des pièces doivent être ré-imprimées,
la réparation demande un peu plus de boulot. La première
chose à faire est de découper les tronçons cassés
avec une lame de cutter neuve, au plus près de la jonction avec
la prochaine pièce intacte de l’avion. N’essayez pas
de couper au milieu de la jonction entre les pièces pour les séparer,
ça ne marchera pas car la colle cyano est trop dure. Il est préférable
de couper juste à côté.
Une fois la chirurgie terminée, poncez la découpe. Posez
une feuille de papier de verre sur une table et frottez le bout de fuselage
ou d’aile jusqu’à ce que la surface soit bien plate.
À ce stade, cette surface possède deux "murs"
: celui de la pièce intacte et celui de la pièce cassée,
qui est toujours collé dessus. En général, il reste
une épaisseur d’un millimètre que vous ne pouvez pas
découper ou poncer proprement, mais ce n’est pas grave !
Dans le logiciel de découpage ("slicer"), vous allez
déplacer la nouvelle pièce d’un millimètre
vers le bas (sous le plateau), ce qui va compenser. La pièce de
rechange sera ainsi 1 mm plus courte.
S’il faut couper sur plusieurs côtés
(pour une nouvelle pièce à insérer entre des parties
intactes), vous pouvez modifier l’échelle de la pièce
pour la rétrécir en X, Y ou Z, ou employer un "modifier"
pour indiquer au logiciel d’ignorer une fine couche de l’objet.
Une fois la nouvelle pièce imprimée, il suffit de la coller
en place à la cyano.
On peut aussi couper ailleurs que juste derrière une jonction.
C’est un peu plus compliqué, car il faut couper bien droit,
sans référence. Après, on procède de la même
façon : on imprime une nouvelle pièce qui commence à
partir de la découpe et on la colle sur la partie tranchée.
Il est alors préférable d’ajouter de petites pattes
de raccord découpées dans une chute de matériau (sinon,
les touillettes en bois font des miracles). Enduisez de colle PU s’il
s’agit d’un modèle à remplissage ou de colle
CA s’il n’y a qu’une paroi fine.
Le support de train est cassé
! |
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Avant et après la préparation
du Hurricane. Ce n’est pas parfait, mais en vol ça
ne se verra pas. |
Si la pièce massive en PLA+ supportant le train
ou le moteur est cassée, essayez d’abord de recoller à
la cyano épaisse. Celle-ci est remarquablement solide et souvent,
ça suffit. En cas de pièce déformée ou s’il
en manque un morceau, il peut être nécessaire de coller et
remplir à la fois. Plusieurs options s’offrent à vous.
Vous pouvez bourrer le trou avec de la fine sciure de bois ou de carbone,
puis l’imprégner de cyano fluide. Attention aux yeux, ça
va fumer ! Après ça, le mélange forme une sorte de
béton solide, mais cassant.
Pour des pièces qui "travaillent", il est préférable
d’employer un mélange de colle époxy à deux
composants et de microballons (une poudre de microscopiques billes de
verre). La pâte obtenue est solide et légère.
Encore plus solide, un mélange d’époxy chargée
de fibre de verre ou de carbone hachée menu aux ciseaux. Cette
"choucroute" n’est pas très appétissante,
mais redoutablement résistante après polymérisation
!
Enfin, pour une longue pièce fendue, comme une jambe de train,
on peut l’enrouler bien serré de fil de carbone ou de kevlar
(fil de pèche tressé). Après cela, on imprègne
le fil de cyano semi-épaisse et ça ne bouge plus.
Certains modèles commerciaux sont bardés
de coûteux tubes ou tiges en carbone. Il peut être intéressant
de ne pas les coller dans leur logement, car en cas de crash, on peut
alors facilement les récupérer et s’en resservir pour
réparer, ou pour équiper un nouvel avion.
Enfin, la plaque universelle en LW-PLA est un outil absolument indispensable
pour réparer un dégât, combler un logement de servo
trop grand, renforcer une jonction, façonner une antenne, une platine
radio, etc. Le fichier STL fait 2 mm d’épaisseur. Descendez
la position "Z" du STL dans votre "slicer" pour imprimer
une plaque plus fine : -1mm, -0.5mm…
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| Plaque LW-PLA universelle en
différentes épaisseurs : indispensable pour réparer,
combler un logement de servo trop grand, renforcer une jonction, façonner
une antenne, une platine radio… Le fichier
STL est téléchargeable. |
La plaque se découpe aisément aux ciseaux,
ou avec un cutter. Utilisez le lien pour la télécharger.
Vous pouvez aussi augmenter l’épaisseur ou la taille de la
plaque en ajustant l’échelle. Il est alors intéressant
de ne pas l’imprimer massive, mais avec un remplissage, histoire
d’économiser du temps et du filament.
Voilà, j’espère que ces astuces permettront de sauver
quelques oiseaux cassés qui auraient autrement fini à la
poubelle. Même si l’entreprise peut sembler compliquée,
le plus dur finalement c’est de s’y mettre, le reste coule
de source.
Bons vols à tous !
Contact : laurent.schmitz@jivaro-models.org
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"Ready for duty" ! Dommage
qu’il vole si mal, car il est vraiment beau... |
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