 |
Exocet
Racer rétro, 100% pur délire
!
Présentation : Laurent
Berlivet
L’idée a germé autour d’une
traditionnelle bière chez l’ami Francis, au cours d’une
grande discussion sur les modèles réduits. Comme il pratique
aussi le bateau, il en est venu à parler d’un hydroglisseur
catamaran construit jadis : le Cobra.
Ce dernier virait parfaitement à droite, mais décollait
et passait sur le dos dès qu’on le sollicitait vers la
gauche. Et cela, même après de nombreuses modifications,
notamment au niveau des calages piqueur et anticouple du moteur. Le
mystère restait entier et méritait d’être
élucidé un jour.
Mais, dans ma cervelle déjà bien aguichée, ça
a fait « tilt » aussitôt : au lieu d’éviter
le demi-tonneau, pourquoi ne pas lui en faire passer un complet ? Et
même davantage…
Il n’en fallait pas plus pour que les nuits deviennent courtes
et agitées. On ne se refait pas : quand on aime les engins farfelus,
c’est pour la vie !
L'Exocet a été
présenté dans la revue Looping n°52 d'août-septembre
1998 (bientôt 30 ans) dont j'étais le rédacteur
en chef à cette époque.
Les pages scannées
de la revue sont visibles un peu plus bas. En cliquant sur les images,
elles peuvent être agrandies pour mieux voir les photos de
construction.
Certaines images qui illustrent cette page ont été
retouchées avec l'aide de l'intelligence artificielle car
les pages scannées dévoilent la trame du papier.
Cependant, l'IA n'existait pas à l'époque et les photos
en vol ne sont pas truquées. |
 |
Cet hydravion est pour le moins curieux. On aime ou on
n'aime pas, mais il ne laisse pas indifférent. En tout cas, il
faut goûter une fois au plaisir d'associer l'air et l'eau pour être
emballé par cette pratique.
Afin de conserver un look de catamaran, la formule aile
volante fut adoptée. Le tronçon joignant les flotteurs au
fuselage fut donc équipé d'un profil autostable (le fameux
SB97FW 8.93/2 déjà employé sur la Speed-Wing
et sur le D-Clic).
Il a fallu choisir un compromis entre la corde et l'envergure.
La corde tout d'abord devait être très grande pour avoir
un maximum de surface mais pas trop longue pour conserver un bras de levier
avant suffisant pour respecter (ou essayer de...) le centrage. Pour l'envergure,
il ne fallait pas voir trop grand car le poids des flotteurs de taille
imposante était estimé à 300 g. Le comportement en
roulis allait sans doute être particulier et l'aile risquait de
souffrir en hydroplanage.
La cellule est intégralement construite en structure
classique à base de balsa et contre-plaqué. Vu les formes
particulières de l'engin, de nombreuses photos ont été
prises durant la construction pour détailler au maximum les quelques
points particuliers.
Attention cependant : même si le montage est relativement classique,
ce modèle ne s'adresse pas à n'importe quel constructeur
et pilote. Il faut savoir construire solide et léger à la
fois. En plus, les deux flotteurs à monter représentent
une somme de travail non négligeable, un peu comme si l'on devait
réaliser 3 fuselages pour un seul modèle...
Dernier détail : avec une cellule tout bois, il
faut quand même pas mal de balsa (environ 30 planches), souvent
de qualité Plume mais à chaque fois de faible épaisseur,
c'est mieux pour la charge alaire et le porte-monnaie. Enfin, quand on
aime, on ne compte pas... Même si le modèle a été
pensé au départ comme un hydravion, un équipement
terrestre a également été prévu pour tous
ceux qui craignent l'humidité ou qui n'ont pas de plan d'eau à
disposition.
 |
| Le plan de l'Exocet est dessiné sur
2 grandes feuilles (1 feuille de 100 x 170 et 1 feuille de 100 x 130
cm). Le prix pour un tirage papier est de 28 € (hors frais de
port). Contact : laurent@jivaro-models.org |
Pour des raisons évidentes, le bois utilisé
est presque uniquement du balsa Plume, sans toutefois trier les planches
comme pour un Indoor de compét'. Une plume vole mieux qu'un morceau
de plomb... et elle flotte mieux aussi. Seul le dessous des flotteurs
est en balsa un peu plus dur car on pose souvent le modèle directement
sur le sol et on rencontre parfois des obstacles en hydroplanage.
Pour la colle, je dirais que la cyano (deux sortes :
de la fluide et de l'épaisse) s'impose. Il faut cependant prendre
soin des ajustages car cette colle ne bouche pas les fentes. La colle
blanche est à éviter car elle n'aime pas l'eau. La cellulosique
met des heures à sécher et l'époxy est lourde et
demande à être mélangée. Quant à la
P.U., elle conviendrait parfaitement mais elle est difficile à
doser. Il faut également penser à passer un voile d'enduit
nitro partout pour éviter que l'eau qui s'infiltre ne vienne pourrir
la cellule.
Liste des matériaux |
1 planche balsa
200/10
|
saumons, raccord aile/flotteurs, ailes/carénages,
arrière du fuselage, dessus/dessous du carénage |
3 planches balsa 50/10
|
nervures centrales, dérive, couples carénages
de roues |
| 7 planches balsa 30/10 |
flancs, nervures, couples fuselage et flotteurs, dessous
des flotteurs et du fuselage |
| 12 planches balsa 20/10 |
Dessus du fuselage, flotteurs, âmes |
9 planches balsa 15/10
|
coffrages d'aile |
15 baguettes balsa 5 x 5
|
baguettes d'angle fuselage, flotteurs, longerons d'aile |
2 baguettes samba 5 x 10
|
longerons d'aile |
1 baguette balsa 5 x 10
|
bord d'attaque |
1 baguette balsa 10 x 20
|
faux bord d'attaque |
2 baguettes balsa 10 x 10
|
faux bord de fuite de l'aile et bord d'attaque élevons |
1 baguette balsa 8 x 8
|
partie avant du fuselage |
1 planche contre-plaqué 30/10
|
longeron principal, couples, platines servos |
1 morceau contre-plaqué 50/10
|
couple avant et central |
1 morceau contre-plaqué 20/10
|
gouvernail |
1 planche contre-plaqué 8/10
|
doublages des flancs, "gouttière", gouvernail |
1 tourillon hêtre ø 8
|
fixation aile/fuselage/flotteurs |
2 tubes alu ø 10
|
fausses pipes d'échappements |
1 corde à piano ø 40/10
|
jambes de train |
| 1 corde à piano ø 20/10 |
jambe de gouvernail et de roulette arrière |
L'exocet |
Certains pensent qu'il
s'agit d'un vilain missile mais c'est avant tout le nom d'un poisson
volant vivant dans les mers tropicales. Pour échapper à
ses prédateurs (dorades...) il est capable de faire des vols
planés de plusieurs dizaines de mètres, et même
quelques centaines, au ras de la crête des vagues. Il s'expose
alors aux frégates qui surveillent la scène...
La vie n'est pas simple quand on est poisson.
Le grand marin Bernard Moitessier écrivait dans ses récits
que la chair crue d'un poisson volant stoppé dans son élan
par les voiles faisait un excellent petit déjeuner. |
 |
Caractéristiques techniques
|
|
Nom : Exocet
Envergure : 96 cm
Longueur : 114 cm
Surface : 60 dm²
Masse : 2950 g
Charge alaire : 49 g/dm²
Profil : SB 97FW 8.93/2
Moteur : 6,5 à 8 cc
Radio : 4 voies avec mixage delta |
|
1) Découper les différentes
pièces constituant le fuselage.
2) Coller les renforts de flancs en contre-plaqué,
les baguettes dans les angles. Ensuite, monter les couples bien d'équerre.
3) Placer le deuxième flanc sur le premier.
4) Couper en biseaux les baguettes à
l'arrière du fuselage et collez la pointe.
5) Le fond est confectionné avec une
planche de balsa très épaisse.
6) Retourner le fuselage et coller les demi-
couples supérieurs. Les joindre par une lisse en balsa.
7) La dérive est en planche de balsa.
Respecter le sens des fibres.
8) Coller une baguette de balsa en respectant
la courbe dessinée sur le plan.
9) Coller la dérive qui s'enfile dans
les couples arrière puis biseauter la baguette qui supportera le
flanc.
10) Coffrer le haut du fuselage avec une planche
découpée à mesure.
11) Pour faciliter l'arrondi, il faudra humidifier
le balsa.
12) Au niveau des couples à l'arrière,
il est préférable de fendre le balsa pour lui faire suivre
l'arrondi.
13) Maintenir le coffrage avec des bandes adhésives
tant qu'il n'est pas sec.
14) Avant de coffrer le fond du fuselage, il faut installer les écrous
à griffes du moteur ainsi que le réservoir. Pratiquer ensuite
une découpe en arrondi.
15) Cette "gouttière" servira au refroidissement du moteur.
Elle est réalisée avec un morceau de contre-plaqué
fin.
16) Découper les pièces qui
formeront l'aile. Le longeron avant est en contreplaqué 30/10.
17) L'aile est montée à l'endroit
sur le chantier. Les deux longerons d'intrados reposent sur le chantier.
Celui de l'avant en contre-plaqué est surélevé avec
une cale de 3 mm. Le faux bord de fuite sera surélevé de
1,5 mm.
18) Placer les 3 longerons supérieurs.
19) Coller le faux bord d'attaque encoché
sur 2 mm puis le poncer dans le prolongement de la nervure.
20) Un renfort en balsa et contre-plaqué
est placé devant le faux bord de fuite et servira à la fixation
des flotteurs.
21) Coffrer l'aile. L'avant et l'arrière sont en une
seule partie pour plus de rigidité. L'emplanture et les extrémités
seront également coffrés tandis que le reste recevra des
chapeaux de nervures.
22) Au centre, les âmes sont en contreplaqué
car elles retiendront les tourillons de l'aile. Noter les renforts triangulaires
au bord d'attaque.
23) Des âmes en balsa prennent place entre
les longerons.
24) Le faux bord d'attaque est biseauté
avant coffrage de l'intrados.
25) Quand tout est coffré, il reste à
poser et à profiler le bord d'attaque rapporté.
25) Les saumons sont tirés d'une planche
de 200/10. Le côté extérieur est incliné à
15°, comme le flanc du flotteur.
26) Les gouvernes sont confectionnées
en même temps que le bord de fuite. Les nervures sont en balsa sauf
au niveau des vis de fixation et à l'emplacement des barres de
torsion.
27) Le coffrage inférieur est poncé
dans le prolongement des nervures.
28) L'ensemble bord de fuite/gouvernes est collé
sur l'aile, puis les élevons sont séparés avec une
scie.
29) Les barres de torsion sont immobilisées
derrière le bord de fuite.
30) A l'intrados, un renfort en contreplaqué
est placé au niveau de la vis de la fixation d'aile.
 |
Construction bien avancée.
La finition est en cours, avec pour commencer la peinture façon
acajou verni, comme sur les bateaux Riva. |
31) Découper les quelques couples
servant à faire les flotteurs. Le haut du couple n°3 est renforcé
en contre-plaqué.
32) La construction se fait à l'envers.
33) La lisse inférieure de l'arrière
pénètre dans le couple n°4.
34) Le couple arrière est incliné
pour l'esthétique. Pourquoi faire simple...
35) Les lisses sont poncées suivant l'angle
donné par les couples.
36) Le fond des flotteurs est coffré
en balsa dur.
37) Après séchage, les arêtes
sont poncées pour augmenter la surface de collage.
38) Lorsque le fond est coffré, les bords
sont arasés mais les flotteurs restent fixés sur le chantier
pour éviter toute déformation.
39) Les flancs sont coffrés avec des
planches découpées au fur et à mesure.
40) Lorsque les flancs sont collés, retourner
le flotteur puis monter les demi-couples supérieurs.
41) Poser les lisses supérieures. Noter
leurs emplacements.
42) Un écrou est noyé dans une
planche de contre-plaqué rehaussée de balsa.
43) Au niveau du bord d'attaque, deux équerres
sont collées sur les lisses.
44) L'assise de l'aile peut alors être
coffrée.
45) Coffrer les flancs des flotteurs.
46) Le coffrage est fendu au niveau des couples
pour pouvoir suivre l'arrondi
47) Afin d'éviter la casse du coffrage,
il est préférable de l'humidifier pour le rouler.
48) Un bloc de balsa dur est collé sur
la pointe du flotteur puis profilé.
49) Un autre bloc est collé au niveau
du bord d'attaque.
50) Après ponçage soigné,
le saumon de l'aile est poncé dans le prolongement du flotteur.
 |
La belle époque des années
Looping... |
La bulle est développable et pourra donc être
découpée dans un morceau de plastique transparent. Le collage
de la bulle sera fait après finition. Pour le capot, la méthode
du moule perdu a été employée. Un master est réalisé
en polystyrène extrudé, profilé directement sur le
fuselage. Il est ensuite recouvert de ruban adhésif marron, lissé
au décapeur thermique pour éliminer les plis. Ca donnera
une surface lisse à l'intérieur et ça facilitera
le démoulage. Ensuite,: trois couches de tissus de 160 g/m²
sont plaquées à l'époxy. Après séchage,
ponçage et masticage, on obtient une belle pièce prête
à peindre.
Le fuselage accepte sans problème 4 servos de
taille classique. Pour gagner quelques grammes, des minis pourront être
employés mais choisir des costauds, vu la taille des "battoirs".
Ceux de gaz et de direction sont placés tête en bas juste
derrière le réservoir. Les gaines sont en plastique pour
éviter la rouille, tout comme les charnières. Pour les élevons,
les servos sont fixés dans l'aile, le plus en avant possible pour
des raisons de centrage, les tringleries "grand luxe" sont en
tube carbone de 6 mm de diamètre prolongées par des chapes
à rotules. La batterie est composée de 4 éléments
de 1400 mAh Ni-MH. Elle est calée dans de la mousse, dans le haut
du compartiment réservoir. Le récepteur pourra être
enveloppé dans un ballon de baudruche, à condition de l'en
sortir après chaque séance de vol, pour éviter la
condensation. Le cache interrupteur étanche provient de chez Promodel.
1) Le modèle est démontable
en 4 morceaux. Notez les servos d'élevons au centre de l'aile.
2) Le moteur est installé tête
en bas.
3) Le reste de la radio est installé
à l'avant du fuselage.
4 et 5) Curieux engin, drôle de pilote...
6) Détail du gouvernail marin.
7) Roues carénées pour la version
terrestre...
Un moteur un peu lourd pourra être envisagé
pour faciliter le centrage. Une seule condition à ce niveau : l'hélice
ne devra pas dépasser 10" (25 cm de diamètre) pour
avoir une garde au sol suffisante. Si vous pouvez réduire d'un
pouce en utilisant une hélice tripale, ce sera mieux en cas de
vagues. Je n'ai pas encore trouvé de cône métal adapté
pour une tripale. (Quelques modifications ont été apportées
sur le plan par rapport au proto pour améliorer les choses.) J'ai
utilisé un Irvine 40 (6,5 cc) suffisant, mais vous pouvez envisager
plus gros.
J'ai utilisé du Solartex pour entoiler l'aile
et le fuselage. Pourtant, même après peinture, le balsa se
tord de rire après chaque journée de navigation. Les flotteurs
ont reçu un recouvrement en tissu de verre (50 g/m²) et résine
beaucoup plus durable. La peinture a été achetée
chez un carrossier (Fiat 155 Rosso Monza). Un pilote de voiture RC a pris
place dans le cockpit et accentue encore l'aspect étrange de la
machine. Les fausses pipes d'échappement sont en tube alu de 10
aplati. Un joint de silicone transparent a été déposé
entre l'aile et le fuselage pour l'étanchéité.
 |
| Le prototype de l'Exocet, avec sur son aile,
une petite maquette offerte après les premiers essais à
Francis (lire texte) pour m'avoir "hameçonné"
dans cette belle aventure. |
Première séance
de vol... tourmentée |
 |
Sur l'eau, avant le
premier vol. |
Les conditions météo étaient loin
d’être favorables pour une première tentative : des
averses fréquentes, mais surtout un vent de travers fort et soufflant
par rafales. Mais Looping n’attend pas, et il fallait savoir ce
que ce drôle d’engin valait réellement.
Nous avons donc pris rendez-vous avec Francis Langlois et son bateau à
moteur, afin qu’il puisse nous aider à repêcher le
modèle dans la Seine en cas de besoin. De nombreuses tentatives
de décollage ont échoué : les vagues, très
fortes, frappaient souvent l’hélice et finissaient par noyer
le moteur.
Malgré tout, à force de patience, le modèle a accepté
de prendre l'air plusieurs fois pendant de brefs instants. Le gros problème
venait des arbres sur les côtés qui nous masquaient le modèle
dès que la trajectoire changeait un peu. Le dernier vol du jour
a bien débuté, le début de virage également
mais sans comprendre ce qui s'est vraiment passé, le modèle
s'est retrouvé sur le dos I Il s'est tout de suite montré
très stable dans cette configuration. Pas de panique, il semble
vouloir faire un tonneau alors on continue... mais la réponse a
tardé à venir et le modèle s'enfonçait. Une
légère action pour le soutenir et le voilà qui redresse.
Bon signe, on sait maintenant qu'il vole sur le dos ! Il a quand même
fini par se remettre à plat mais également dans le lit du
vent et ce qui devait arriver arriva : les arbres nous ont à nouveau
masqué la vue ! Dernière solution pour sauver les meubles
: on coupe les gaz et on attend. Quelques secondes plus tard, un craquement
sinistre se fait entendre. On retrouve le modèle perché
à 2 mètres de haut dans un arbre. Seul dégât
: un bord d'attaque enfoncé jusqu'au longeron en contre-plaqué.
Celui-ci a souffert ; on ne pourra donc pas revoler ce jour-là.
 |
Les mauvaises langues qui n'y croyaient pas se moquent
toujours mais les autres sont déjà convaincus, et moi aussi.
Après réflexion, je suis plutôt heureux, le comportement
sur l'eau est très bon, le taxiage est aisé, en tout cas
le modèle répond, même s'il doit être difficile
de faire du slalom avec. Les quelques sauts de puce ont également
prouvé qu'il pouvait voler et que le 6,5 cc, sans être surpuissant,
est suffisant pour décoller en sécurité. Un comportement
prévisible s’est confirmé : le modèle décolle
très vite grâce à l’effet de sol, mais se retrouve
à la limite de la vitesse de sustentation dès qu’il
prend de la hauteur.
Il faut dire que j’augmentais les gaz très progressivement.
Les vagues m’obligeaient à cabrer à fond dès
le départ pour tenter de soulever l’hélice et de l’éloigner
de l’eau. Le décollage intervenait alors trop tôt.
Les dernières tentatives, en mettant franchement les gaz, ont été
bien meilleures. Le dessin des flotteurs est bon. Ceux-ci ne projettent
pas d'eau vers l'hélice mais plutôt bien en arrière
et le modèle peut sans problème rebondir d'un flotteur sur
l'autre sans changer de trajectoire.
 |
 |
Au moment de sa construction, certains
ne croyaient pas que l'Exocet pourrait voler. Et pourtant... |
Quelques jours après la première tentative,
les réparations sont terminées et le vent s'est calmé.
Par sécurité, le centrage a été un peu avancé.
L'assistance est toujours aussi impatiente, les vagues ont pour leur part
perdu de leur ampleur. Pourtant, le moteur a toujours tendance à
vouloir boire de l'eau et à caler. Un ruban de Blenderm devant
l'arrivée d'air sur le capot empêchera celle-ci d'entrer
mais fera aussi perdre des tours au moteur. Enfin, entre deux passages
de péniches, l'Exocet semble décidé à partir,
il monte progressivement sur ses flotteurs, ce qui éloigne l'hélice
de l'eau. Peu à peu, il prend de la vitesse pour finalement s'élever
hors de l'eau. Avant de virer, je le laisse prendre du badin puis je tente
prudemment un virage à droite. Ca tourne sans histoire et après
un 180°, je le remets à plat. Les cris de joie des amis arrivent
presque à me déconcentrer. Quelques passages s'enchaînent
en même temps que l'on affine les trims. Le pilotage est vraiment
particulier, les flotteurs donnent une certaine inertie en roulis à
cette aile courte. Le piqueur moteur est également trop important.
Peu à peu, la bête est domptée et accepte de faire
ce qu'on lui demande. La profondeur est un peu vive et un poil d'exponentiel
serait le bienvenu. En roulis, à part l'inertie, tout semble aller
correctement, sauf quand l'on tente de tourner un tonneau. La première
moitié passe normalement mais s'arrête sur le dos. Dans cette
configuration, l'engin semble être sur des rails qu'il ne veut pas
quitter. On en sort soit par une demi-boucle, soit par un demi-tonneau
barriqué. Rien d'affolant, mais il vaut mieux avoir un peu d'eau
sous la quille à ce moment-là.
 |
L'amerrissage est un régal. Le vol plané
est très sain et l'arrondi se fait en douceur. Aucun risque de
rebondir : dès qu'une partie d'un flotteur a touché l'eau,
le modèle est plaqué sans avoir aucune tendance à
vouloir rebondir. Si l'on remet les gaz à ce moment et que le plan
d'eau n'est pas trop agité, on peut revenir en hydroplanage rapide
jusqu'à la berge. Par contre, si le moteur a calé, le modèle
fait girouette et se met face au vent.
Une version terrestre a également été
envisagée. L'opération permet de gagner 200 g de chaque
côté de l'aile, différence entre le poids d'un flotteur
et celui d'une roue avec son carénage. Je n'ai pas encore essayé
mais il n'y a aucune raison que cela marche moins bien, au contraire,
dirai-je.
 |
La version terrestre,
avec des roues carénées. |
Je suis bien conscient qu'un trainer classique aurait
forcément bien mieux volé du premier coup, mais quel intérêt
? La radio commande permet toutes sortes de fantaisies. Il faut bien varier
les plaisirs. Vous savez tout, vous n'avez plus qu'à vous laisser
tenter...
 |
Maquette d'exposition
à l'échelle 1/10 en balsa et plaquage de noyer, réalisée
après les premiers vols et offerte à Francis en souvenir
des bons moments passés ensemble. |
Merci !
Pour une fois, je
souhaite remercier par écrit ceux qui ont cru à ce
projet fou (sans doute même plus que moi), par exemple Pascal
et Eric.
Merci aussi à Michel, Laurent et Jean-Marc pour les photos
en vol et la patience dont ils ont su faire preuve à ces
moments-là.
Thierry pour ses travaux de résine qui m'ont fait gagner
un temps fou.
Francis qui a su amener l'idée du délire au moment
opportun dans la conversation, mais aussi pour la mise à
disposition de son bateau et ses bières toujours fraîches...
Et bien sûr à Coralie qui a gentiment pris la pose
afin d'apporter un peu de douceur aux photos de cet engin aux lignes
plutôt agressives.
|
|
 |
Contacter l'auteur : laurent@jivaro-models.org
|
|