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Twinny (Svenson)Indémodable biplan des années 70Par ; Hervé & Jean-Paul Mourichoux. Photos Monique Mourichoux Le Twinny est un avion de 1978 proposé en kit à construire par le prolifique fabricant de l’époque Svenson. J’étais alors un bambin d’une douzaine d’années et c’est le second avion que mon père a construit après l’incontournable Westerly également de chez Svenson. Cet avion nous a accompagnés dans notre progression, et fait découvrir les bases de la voltige. Avec son gabarit compact, sa formule biplan et son train classique, le Twinny était un avion technique et remuant, soit les ingrédients incontournables pour prendre du plaisir en pilotant.
48 ans plus tard, avec une passion toujours présente, j’ai découvert le site internet Outerzone, proposant une banque de plans d’avions impressionnante, de toutes tailles et plutôt anciens. La gamme Svenson est disponible et impossible de ne pas se replonger dans les moments vécus avec ces machines : ce doit être ça l’esprit vintage, faire revivre des avions d’époque pour exhumer les émotions vécues à leurs manches. Le petit Twinny va donc revivre : c’est le début du voyage vers les moments passés.
Le plan est téléchargé gratuitement sur le site en format PDF. Sont également téléchargeables les instructions de montage (c’était un kit à l’époque) ainsi que des essais de 2 revues d’époque. Quelques photos enfin viennent illustrer de belles réalisations qui font grandir ma motivation. Le fichier étant téléchargé, il ne reste qu’à trouver un imprimeur pour l’éditer en plan papier à l’échelle 1 : il y a pléthore d’offres sur le net et pour 12 euros vous recevrez le plan au format A0 à la maison quelques jours après.
Mon intention n’est pas de dérouler l’ensemble
de la construction mais de partager les libertés que j’ai
prises ou les orientations différentes de celles indiquées
sur le plan. Coté servos, là encore j’opte pour des formats micro avec des Savoxs SH-0350 : il en faudra 4 : un par aileron, un pour la dérive et le dernier pour la profondeur. Pour l’implantation de ces 2 derniers, j’ai bien envie de les fixer à l’arrière, au plus près des gouvernes (alors que sur le plan c’est au niveau du logement de l’aile que toute la radio est implantée) : le choix sera arrêté en fonction du centrage (avec l’objectif de ne pas ajouter de lest).
La fabrication des ailes suit le plan, avec une attention au poids du balsa utilisé. L’aile supérieure est la plus simple : sans dièdre elle n’a pas d’ailerons, c’est une bonne façon de se mettre en jambe. Les longerons sont en balsa 4x4 et les coffrages en balsa trié de 15 mm. Des renforts de longerons viennent solidifier l’aile en contre-plaqué de 2 mm pour la partie centrale et en balsa de 2 mm pour le reste de l’aile. L’aile inférieure reprend les mêmes techniques et est un peu plus complexe, avec 2 ailerons et avec un petit dièdre, que je décide de négliger : le vol me donnera raison. Les servos d’ailerons sont fixés au dos de trappes en plastique récupérées, dont il faudra assurer la fixation à l’intrados de l’aile. La seule partie un peu technique est la confection des saumons d’ailes avec des couples inclinés qui donnent de la gueule mais nécessitent un peu d’ajustement pour plaquer aux coffrages supérieur et inférieur. Les puits des mats seront réalisés plus tard, une fois le positionnement des ailes précisément défini.
Le stabilisateur initialement constitué d’une
planche de balsa de 4 mm pleine, est réalisé en treillis
de balsa de 5 mm. La gouverne, en balsa plein est ajourée. La dérive
suit le même principe avec un volet en treillis. Le train d’origine est reproduit à l’identique
en corde à piano pliée et encastrée dans un morceau
de bois dur. Les roues de 50 mm sont maintenues par une rondelle brasée
côté intérieur et un arrêt de roue côté
extérieur. Le simple patin à l’arrière a été
remplacé par une roulette de queue articulée. L’ensemble étant bien avancé, il est temps de faire un check de centrage pour finaliser l’implantation des servos de profondeur et de dérive. Implantés tout à l’arrière du fuseau, le Twinny bascule encore sur le nez, nécessitant de reculer l’accu au maximum sur sa platine. C’est une bonne surprise qui permet des commandes très courtes et un gain de poids additionnel.
Il reste à faire la finition. Si l’Oracover s’impose sans équivoque par facilité et légèreté, reste à choisir la décoration. C’est là que la boucle va se boucler en reprenant la décoration de notre Twinny d’époque, à savoir des ailes rouges et un fuseau blanc et noir. Mes photos d’époque étaient en noir et blanc, la reproduction sera “dans l’esprit”. Les ailes seront donc rouge entoilées en Oralight transparent. J’ai quand même poussé jusqu’à trouver des autocollants du chat Marshall qui ornaient les flancs du Twinny d’origine ! Prêt à voler, notre Twinny affiche fièrement 1050 g sur la balance : c’est une belle surprise en regard des 1450 g mentionnés sur la notice et correspond à un poids de 30% inférieur au poids initialement ciblé. Les adaptations, les petits servos et la finition en Oracover ont donc payé.
C’est finalement très serein que pour les premiers essais, j’ai pris la direction du terrain MF38, sympathique club du Nord Isère muni d’une piste en bâche et dédié au vol électrique. La mise en place de la batterie par l’ouverture articulée est finalement assez pratique et placé sur ses roues, il est fin prêt. La grande hélice 12x6 laisse une garde au sol acceptable sur une piste en dur (sur de l’herbe il vaudra mieux qu’elle soit tondue rase ou envisager de diminuer la taille de l’hélice).
Le roulage se dirige efficacement avec la roulette conjuguée et en quelques mètres, le Twinny est en vol. Quelques tours de terrain permettent de régler les trims avec en fait peu de correction : c’est la première bonne surprise. La vitesse de vol sans être importante reste dynamique : on est en présence d’un avion de sport, il n’en fait aucun doute. Je monte rapidement pour évaluer les basses vitesses : gaz réduits, la vitesse se réduit en soutenant la profondeur à cabrer jusqu’à un micro décrochage à vitesse ridicule qui s’apparente à des oscillations telle une descente d’escalier. On va pouvoir reculer le centrage comme pressenti, en utilisant un accu plus léger, un 1800 mAh. Après quelques minutes, tous les voyants sont au vert pour ouvrir le domaine de vol du petit biplan. Les commandes sont assez vives à la profondeur et à la dérive mais plutôt molles aux ailerons : on paye ici le choix d’ailerons uniquement sur l’aile basse qui va se corriger en augmentant les débattements. Avec un rapport poids/puissance de l’ordre de 300 W/Kg, la puissance disponible est bonne : le Twinny monte indéfiniment à la verticale gaz à fond sans signe d'essoufflement. On est loin des standards de l’époque qui imposaient une bonne prise de vitesse pour espérer une chandelle d’une centaine de mètres. Fort de ce cadre de jeux sans limite (sauf la taille du modèle), c’est parti pour une séance de voltige débridée avec l’ensemble des figures basiques au programme : boucles, tonneaux, renversements, vol tranche (et oui la tranche tient bien avec un petit roulis induit), tonneaux à facettes, tonneaux déclenchés (à gauche avec le couple moteur parce qu’à droite je n’y arrive pas…) voir même cercle en tonneaux… Bref ce petit acrobate à des dispositions au-delà de mes espérances et de mes souvenirs qui étaient assez loin de ce qu’il me démontre ici. J’ai juste fait attention à ne pas faire des figures trop violentes pour ne pas trop solliciter les fixations des ailes par élastique (ne rigolez pas j’ai perdu l’aile supérieure lors d’un piqué trop prononcé sur le modèle d’il y a 40 ans). Le vol est juste bluffant : sans vent le Twinny a la puissance et la stabilité d’un modèle beaucoup plus gros avec une précision et une neutralité du comportement étonnant. On croirait même qu’il a un gyro à bord, c’est dire ! Le retour au sol est facilité par la finesse limitée autorisant une prise de terrain réduite : le toucher des roues demande de la précision pour ne pas générer de vilains rebonds : la souplesse de la corde à piano est ici pointée du doigt, mais en lui faisant refuser le sol assez longtemps on pose le Twinny a vraiment faible vitesse et du coup sans rebond. Avec son accu de 1800 mAh on peut voler sans économiser l’énergie 7 minutes… C’est parfait pour se défouler.
Centre de gravité : 45 mm derrière le mat avant de la cabane (à la jonction du fuselage) Débattements :
J’avais imaginé prendre du plaisir en redonnant vie à ce petit modèle : c’est confirmé sur les 6 mois d’une construction tranquille. Je ne misais par contre pas lourd sur l’intérêt en vol du petit biplan : belle erreur car là aussi il est vaillant et régale son pilote. Il est de toutes les séances au terrain car rapide à monter et il ne tient pas beaucoup de place dans la voiture. Reste pour moi à partager cette aventure lors de rencontres vintage locales et me décider sur le prochain projet de construction. Contacter l'auteur : herve-mourichoux@jivaro-models.org
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