Home
Sujet ajouté le
5 septembre 2021
Les réalisations "perso" Des plans à télécharger ou à commander Avions, planeurs, hélicos, matériels disponibles dans le commerce Les événements aériens Des vidéos exceptionnelles, marrantes ou impressionnantes Laissez un mot sur le livre d'or
Des infos pour perfectionner ses modèles Le coin de la bidouille Les "inclassables" sont rangés ici... D'autres pages à visiter L'équipe des auteurs présents dans ces pages Contacter le webmaster
Français English Español Deutsch Italiano
  Ceský Russian Nederlands Português slovenských
Google
Lentus "Evo" de Multiplex

Lentus "Evo"

Comment améliorer le kit Multiplex

Présentation : Pierre Alban

Aider à la préparation et à la formation intensive au pilotage des 4M les plus performants, tel est l'objectif quasi surréaliste que j'ai assigné au Lentus. Comment retrouver en vol les sensations d'un planeur valant 3 fois plus cher ? Il fallait trouver les moyens d'augmenter son potentiel. Le résultat est probant et accessible à tous.

Est-ce encore une mousse ?


La question de la maturité de ce type de machine chez Multiplex ne se pose plus depuis longtemps, mais force est de reconnaitre qu'une autre étape vient d'être franchie. Obtenue grâce à une hybridation de la technique de construction, le dernier Lentus n'est plus vraiment une mousse. Cette technologie n'est plus que la partie visible, l'enveloppe du planeur. Dès lors, ce planeur de 3 m, qui se paye le luxe d'offrir une aile très travaillée avec un bel allongement, peut se permettre de venir prétendre à certains équipements et technologies plutôt inattendus.

Nous verrons qu'en fait c'est toute la réflexion autour de l'idée même du produit qu'il faut revoir, avec une approche différente, basée sur une vision à long terme de tout ce qui est couteux, contre du moyen terme pour ce qui est remplaçable. C'est ainsi que le planeur en lui même passe au second plan, alors que son équipement et périphériques viennent prendre la place la plus importante. Qu'importe, si la prestation ouvre de nouveaux horizons ?

La forme de l'aile est superbe et l'état de surface excellent.

La forme de l'aile est superbe

Caractéristiques techniques

Envergure : 300 cm
Longueur : 141 cm
Poids en vol : 2500 g
Surface alaire : 52,6 dm²
Charge alaire : 46 g/dm²
Servos ailerons et profondeur : Hyperion DS11 SCB
Servos volets : Corona DS 939 MG numériques
Servos dérive et train rentrant : Corona CS 939 MG analogiques
Moteur : Pro-Tronik DM2820 950 kV
Accu Li-Po : 3S 3200 mAh
Hélice : 13x8, conseillée 13x6
Contrôleur : Hobby-Wing 60 A @Ubec 5A
RX-gyro : Wingstabi 7ch DR

Pour qui, le Lentus « Evo »?



On peut voir deux type de clientèle pour Lentus. D'abord le modéliste qui cherche un Cularis amélioré, c'est-à-dire un EasyGlider de 3 m. L'option FES va dans ce sens, pour les modélistes d'un certain âge inquiets de ne pouvoir lancer un planeur et cherchant quelque chose de grand mais pas trop pour mieux le voir en l'air.
A ceux-là, il convient de suivre scrupuleusement toute la notice Multiplex et surtout de ne rien y modifier. Ils obtiendront un planeur décollant facilement du sol, se posant lentement et volant plutôt pas mal. Un motoplaneur en quelque sorte.
A ceux-là, tout ce qui va suivre est de peu d'intérêt, voir déconseillé.
Par contre, on peut aussi vouloir en faire un outil relativement performant quand on est un planeuriste plus exigeant, mais que l'on souhaite disposer d'une machine tout terrain, quelles que soient les conditions locales.

Pour quoi faire ?

C'est justement la bonne question. Pour faire tout ce que l'on ne peut pas faire avec d'autres planeurs plus fragiles. Voler partout avec un joli planeur au look maquette de 3 m, c'est quand même un bien sympathique programme. Il se lance facilement à la main, il se pose comme une fleur partout et il gratte très bien. En fait ce Lentus est le partenaire parfait pour voler avec les avantages d'une mousse, sans avoir de gros compromis à faire sur les qualités de vol. C'est justement là que commence l'histoire me concernant, puisqu'il s'agit d'améliorer l'animal pour le rendre plus performant, plus pratique, plus formateur et au final, plus agréable pour mes stagiaires.

L'aspect d'un planeur réel est très travaillé Au sol
L'aspect d'un planeur réel est très travaillé, le résultat est magnifique.

Quelle pérennité ?

Tout se paye et il est bien évident que les accessoires et certaines améliorations ont un coût. Dès lors, on peut se poser la question d'investir de l'argent pour au final, juste une mousse.
Ce jugement est en fait une énorme erreur, car il ne correspond pas au changement de paradigme.
Il faut comprendre qu'une paire d'aile coûte 100 €, Un fuselage itou (il est truffé de renforts en fibres). La mousse n'est donc que de l'emballage et on peut le changer facilement. Pour autant, ce n'est pas non plus du consommable. Par exemple, mon Heron et mon Funray présentent les stigmates d'un âge certain, mais ils sont toujours là. Quel planeur traditionnel peut se vanter d'avoir survécu à plusieurs crashes et de toujours voler au bout de 6 ans ? Et au pire, ou si vous en avez assez des cicatrices du temps, il suffit de changer la pièce.
Dès lors, puisque la structure est non seulement durable mais également interchangeable, que les performances sont réelles, que le nombre d'heures de vols est bien supérieur à vos autres modèles, pourquoi ne pas investir, petit à petit éventuellement, pour augmenter encore l'agrément ?
Multiplex ne fabrique pas en Chine, où l'on fait une série puis l'on démonte la chaîne de production. Fabriqué en Allemagne, toutes les pièces seront encore disponibles dans plusieurs années.
Quand je vois l'âge de mes autres mousses de la marque, l'utilisation que j'en fais, il est en fait de pure logique de bien équiper ce Lentus et même d'en prendre soin !

Comment encore prétendre que cette mousse n'est pas un planeur ?
Comment encore prétendre que cette mousse n'est pas un planeur ?

Le train rentrant


Le kit complet du train rentrant spacer Les pièces doivent être découpées avec soin
Le kit complet du train rentrant; le servo n'est pas inclu.   Les pièces doivent être découpées avec soin puis poncées.

C'est un très bel objet et j'ai trouvé son montage très agréable. Il faut cependant être ultra vigilant à la notice, bien regarder la position de chaque vis et chaque rondelle. Même en vérifiant 4 fois on arrive encore à se tromper. Bien faire un montage à blanc avant de passer toutes les vis au frein filet ! Pour le servo, j'ai utilisé un Corona 939MG analogique. Un peu plus petit que prévu, sur lequel j'ai adapté les équerres defixation d'un autre servo, adapté les bras de levier, etc. Même avec un servo de 2,5 kg, cela marche très bien sans forcer, sans lubrification. Ce qui n'empêche pas de mettre un coup de WD40 ensuite. Le servo utilisé n'est pas plus puissant que celui recommandé, dans tous les cas bien vérifier la consommation des fins de courses ainsi que le bon verrouillage du train. Bref j'y ai passé plus de temps que pour le montage du planeur ! Au final, c'est vraiment se compliquer la vie pour rien car pour que l'assemblage marche sans problème, il faut déjà avoir un bon passé modéliste.

La consommation des fins de courses doit être vérifiée spacer Test de conso
Le train terminé, la consommation des fins de courses doit être vérifiée pour que le servo ne force pas en vol.

Mon conseil : n'installez pas cette option ! Ca ne sert à rien, à part à faire joli et à utiliser une voie pour rien. Si vous voulez vraiment une roue pour protéger le fuselage, vous trouverez un montage de roue fixe sur le site zhype.com. Perso j'ai pris le train rentrant pour éloigner les vilains cailloux pointus des pentes de ma région. Décoller du sol est de l'ordre de la plaisanterie avec ce planeur qui ne demande qu'à quitter la main pour partir. Il vaut bien mieux augmenter un peu la taille de l'hélice pour s'arracher plus facilement encore, sans besoin de courir. En fait le principal « intérêt » de ce train rentrant, c'est de peser 200 g, qui ne sont pas de trop pour améliorer les perfos du Lentus « Evo ». Vous me direz que cela fait cher le gramme et qu'il faut mieux ballaster avec du plomb. Je vous l'accorde. Vouloir le sortir léger va à l'encontre de bonnes performances car il faut de l'énergie cinétique pour compenser la trainée du gros fuselage et ne pas trop bouchonner.

Train sorti spacer Train rentré
Positions du train sorti et rentré. Comme on le voit ici, même avec un servo de 2,6kg, ça fonctionne sans forcer. Inutile de mettre un servo de 10 kg dans le cockpit pour manoeuvrer le train rentrant mal monté.

Le vario Tek + Tas

Si vous êtes sur radio Multiplex, tout est prévu pour loger le module, les Durit et le tube de Prandtl du vario à énergie totale du fabriquant. N'hésitez pas une seule seconde à vous offrir ce vario magique. Tout en mesurant la vitesse réelle du planeur avec précision, la vitesse air, le système utilise cette donnée pour inclure dans la mesure du vario votre énergie cinétique. Concrètement, le système va vous dire où ça pompe pour de vrai et ne confondra pas vos prises de vitesse avec une ascendance, comme le font tous les varios « normaux ». A l'usage c'est redoutable d'efficacité, vous permettant d'enrouler là où vous n'auriez pas cru devoir le voir, tout en vous évitant d'enrouler là où il n'y a rien. Pour être franc, l'ego en prend parfois un coup, car trompé par une illusion d'optique ou une perturbation, on se rend compte très vite que notre belle spirale est descendante ! Là même où un vario classique aurait pu vous mettre aussi le doute.
Pas besoin d'installer le système au montage, tout est prévu pour le faire après coup, c'est même mieux. Le logement du module est aussi prévu dans un décaissement près du train.

Le gyro

Absolument nécessaire sur le Heron, le gyro apporte un petit mieux au comportement du Lentus. J'ai en effet remarqué une petite instabilité en spirale de la version stock du Lentus sur l'axe longitudinal. Le gyro lisse ce phénomène. Aux ailerons, le petit surcroit de stabilité donne l'impression d'un planeur plus grand, c'est très agréable. En effet, sans gyro, les ailes étant légères, le planeur « vibre » en permanence sous l'effet des perturbations. On pourrait penser que cela aiderait à détecter les petites pompes, il n'en est rien, au contraire, le gyro sert un peu de filtre et on peut davantage se concentrer sur la communication avec le planeur. Mais comme toujours, on peut le couper en fonction des circonstances et ainsi apprécier le gain ou pas. De plus, comme un gyro améliore les perfos en spirale, c'est tout bénef. J'ai pour ma part utilisé un RxWingstabi 7ch « EasyControl ». Dans le cas d'un gyro additionnel, son emplacement se trouvera à la place du train rentrant, avec le ballast dont on a parlé plus haut, tous deux ayant intérêt à se trouver au centre de gravité. Le cas échéant, le train rentrant intègre aussi une petite platine qui pourra recevoir le gyro. J'ai écrit pas mal d'articles sur l'intérêt de disposer d'un gyro sur un planeur, je n'y reviens pas plus, si certains, ancrés dans leurs certitudes, continuent de penser que c'est une assistance, je n'y peux plus rien.

L'installation radio
L'installation radio avec le RxWingstabi 7ch « EasyControl » placé contre un flanc.

Le sac / housse

Le planeur rentre tout entier dans son carton, mais celui-ci tient une place folle. Il faut pourtant absolument protéger l'état de surface de tous les chocs de transport. Au minimum, faites-vous des housses avec du papier bulle. Le côté tout terrain du planeur plaide pour le sac à doc ad hoc qui est vraiment très bien fait. Il y a 3 grands compartiments à l'intérieur, dont une avec une grande sangle centrale pour le fuselage. Une poche interne latérale interne permet de ranger le stab. A l'extérieur une grosse poche pour placer une radio pouce dessus (une Jeti loge aussi), perso je ne m'en sers pas, de cette poche. Ce sac de transport est vraiment pratique au quotidien, c'est de la bonne qualité, là aussi il me parait difficile de s'en passer.

La housse de transport
La housse de transport proposée par Multiplex est parfaitement adaptée au Lentus.

Accessoires divers

Ayant acheté la version « kit » pour y installer le matériel que j'avais dans les tiroirs, j'ai pris l'option du faisceau de câbles déjà assemblé. Tout est à la bonne longueur et tombe pile poil comme il faut, cela ne vaut vraiment pas la peine de s'en passer. Les rallonges torsadées pour les servos de prof et dérive sont aussi présents de même que les clips pour sécuriser ces deux prises. D'autre part, j'achète chez Lindinger des vis nylon avec une tête spéciale pour visser à la main. Placées dans le sens de vol la trainée est minime, par contre c'est vraiment pratique sur la pente de ne pas avoir à chercher un tournevis. Quelles que soient les vis, attention à bien les serrer, car sur le mien le stab aurait tendance à ne pas bien se caler. Crash assuré au décollage (trop de piqueur).

Les servos sont collés à la UHU Por spacer Le baquet de verrière est peint
Les servos sont collés à la UHU Por.   Le baquet de verrière est peint puis la bulle collée avec de la colle B7000.

Réglages et mixages

Il est bien entendu que les réglages dépendent du centre de gravité et ne valent donc qu'avec mon centre de gravité reculé à 77 mm. C'est la valeur que je retiens pour mes élèves. Pour moi je mets 4 g de plus dans la queue, ce qui le rend neutre.

Logement pour le plomb
Le logement prévu n'est pas suffisant pour plomber l'arrière, l'auteur à rajouté quelques billes de plomb dans ces logements (2x4 g).

J'ai mis le maxi de débattements partout, pas d'expo, pas de différentiel à la radio et je n'ai rien eu à retoucher. Pour les mixages, ce n'est pas un planeur de compétition ni de voltige. Le mieux étant bien souvent l'ennemi du bien, il s'agit d'apporter des solutions réellement utiles plutôt que de tordre l'aile dans tous les sens pour rien. Ainsi mettre du Snap Flap ne sert à rien sur ce genre de planeur, on ne ferait qu'augmenter la trainée et augmenter les contraintes sur les ailes, qui vont déjà devoir encaisser des vitesses plus importantes que de série. Pareil pour les volets en tant qu'ailerons. Cela apporte de la trainée et cela ne va changer considérablement votre taux de roulis, vu les grands winglets qu'il y a en bout d'aile. Si vous voulez quand même utiliser ce mixage, comme d'habitude, les volets ne doivent débattre que vers le haut dans la fonction « ailerons ». Vers le haut c'est déjà peu utile mais alors vers le bas c'est carrément contre productif. J'ai préféré que les servos de volets donnent le maximum de débattement vers le bas pour la fonction croco (AF) et donc je n'ai gardé que le strict minimum de débattement vers le haut, c'est à dire 1,5 mm pour la position « vitesse ».
Ne pas oublier que chaque ordre donné est un coup de frein, c'est encore plus vrai sur ce genre de machine et il vaut mieux au contraire travailler sur l'anticipation et les micro-corrections. Pour cela le gyro est un outil très intéressant car il donnera plus vite que vous un ordre plus adapté, donc moins de coups de frein.

Réglages Lentus « Evo »

Centrage : 77 mm du bord d'attaque

Ailerons : -30 / +25 mm
Profondeur : +/- 9 mm
Dérive : 24 mm de chaque côté

Croco volets : + 40
Croco ailerons : -20
Croco prof : + 4

Phases de vol
Volets vitesse : -2 mm/ 1 cran de trim à piqué
Volets thermique : +2,5 mm / 3 crans de trim à piqué
Ailerons : dans le prolongement des volets

Nota : ces réglages correspondent à ce centrage pour un pilotage fluide

Les phases de vol : simples mais efficaces


Comment encore prétendre que cette mousse n'est pas un planeur ?
En prenant soin de bien régler le Lentus sans que ce soit difficile, on en tirera toute la quintessence.

Très utiles, comme sur tous les planeurs à volets, mais là particulièrement, quoique simplifiées par rapport à d'autres machines bien plus performantes. Ici, les phases de vol n'ont pas besoin d'inclure des modifications de différentiel, de débattements, etc. Tout ce dont on a besoin, c'est d'augmenter la courbure sur toute l'aile en position durée et de la diminuer pour la position vitesse, avec à la clé, c'est presque le principal, une mémorisation du trim de profondeur pour chaque phase. On obtient ainsi un planeur beaucoup plus doux et gonflé à l'hélium en position durée, un planeur plus rapide et plus agréable sur le dos en position « vitesse ». La position normale étant parfaite pour les transitions et la prospection, le Lentus « Evo » accélérant maintenant fort bien. Avec ce centrage, la modification du trim de profondeur est très faible. 3 crans de trim à piquer en position « Thermique », juste un cran en position « vitesse ». Un servo numérique précis est donc important. Hyperion 11mm dans mon cas.

Comment encore prétendre que cette mousse n'est pas un planeur ?
Ne croirait on pas un 4M ?

Evolution, stage 1

Etape 1 : Le centrage
Comme d'habitude, le centrage est trop avant. Il existe certainement une raison à cette triste habitude, perso je ne comprends pas que l'on donne un mauvais outil à un débutant. Car un planeur n'est pas plus sécurisant, il vole moins bien, pas seulement en terme de performances, mais en terme d'agrément. Le Lentus ne déroge pas à la règle, avec le centrage donné, il oscille à la moindre prise de vitesse, même en spirale il semble un peu instable sur l'axe de tangage (profondeur). Bref il faut piloter contre lui en permanence. C'est normal. Ce qui l'est moins c'est de penser pouvoir progresser ainsi. Petit à petit j'ai donc pas mal reculé le centrage jusqu'à le garder encore un peu avant, enfin le planeur est beaucoup plus stable, sans effet parasite, il enroule très agréablement, la dérive est efficace, le décrochage est toujours aussi gentil et se rattrape très rapidement. En transition, le planeur trouve seul son assiette pour le meilleur taux de chute.
En voltige, le planeur se freine assez vite et la boucle inverse ne passe pas, il s'écroule avant d'avoir pu finir la boucle. Nous verrons que ce n'est que provisoire.

Etape 2 : Ebavurer les contours des ailes
Autant l'état de surface des ailes est parfait, autant bord d'attaque et surtout bord de fuite peuvent être améliorés. Il faut faire attention avec cette matière car ça bouloche vite et le remède serait pire que le mal. Pour bien bosser on va se faire une cale à poncer avec du papier très fin, du 800 ou du 1000. C'est principalement côté intrados que les bords de fuite doivent être arasés. Il faut poncer doucement, sur une grande longueur en faisant bien varier l'inclinaison de la cale à poncer. Le but n'est pas de faire des lames de rasoir, juste de retirer toutes les aspérités de moulage. On procédera de la même façon pour le bord d'attaque, où il y a une légère marque de moulage. Attention de ne pas modifier la forme du bord d'attaque, on y va doucement.

Cale à poncer spacer Parties à ébavurer
Confectionner un longue cale à poncer avec du grain fin (800 ou 1000) est nécessaire pour ébavurer les bord de fuites  

Les parties des gouvernes à poncer délicatement : en vert ce qui est fait, en bleu ce qu'il reste à faire


Etape 3 : Arrondir les bords d'attaque des gouvernes
On ne peut toujours pas passer à du plus gros grains, pourtant il va falloir bien arrondir la partie avant, côté intrados des gouvernes car un angle vif tel qu'il arrive d'usine accroît considérablement la trainée. L'arrondi à faire est un peu fonction de votre courage car c'est un peu fastidieux.


Evolution, stage 2

J'ai essayé, je ne pensais pas que le résultat serait à ce point probant, mais le fait est que masquer les fentes fait faire un bond au planeur. On se rend compte tout de suite que le sifflement est plus léger, la vitesse de pointe est augmentée et surtout la restitution est bien meilleure. Pour preuve, la boucle inverse qui ne passait pas. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que non seulement dorénavant elle passe, mais encore avec de la marge. Alors que le débattement à piqué était insuffisant pour rétablir en fin de figure, maintenant je n'ai plus besoin de tout le débattement pour remettre le planeur à plat. Se freinant moins, il peut prendre davantage de vitesse et perd aussi moins d'énergie lors de la remontée dos.
A propos de vol dos, la figure se fait en position « vitesse » c'est-à-dire les gouvernes légèrement relevées. Le vol dos est nettement amélioré ainsi.

Bande de masquage Graupner spacer Fentes d'articulation masquées
Les fameuses bandes de recouvrement destinées à masquer les fentes d'articulations des gouvernes   Les fentes d'articulations masquées par l'auteur améliorentnettement les qualités de vol

Je considère donc cette amélioration comme nécessaire, surtout au vu de la facilité pour masquer les fentes. Pour cela deux méthodes. Pas cher, utiliser du scotch transparent « Magic ». La partie venant masquer la fente sera talquée pour ne plus coller. Pour procéder, on étale bien le talc sur la gouverne, alors que côté aile on dégraissera bien à l'alcool. C'est un coup à prendre, ce n'est pas aussi facile à faire au début, pour un bon résultat. L'autre solution est d'acheter chez Graupner le scotch de masquage dont seule une partie est collante. C'est ce que j'ai utilisé. Le rouleau de 5 m n'est pas particulièrement donné, mais c'est vraiment bien fait. Là aussi, le bord d'attaque inférieur des gouvernes doit être un peu arrondi, sinon la lèvre vient buter contre la gouverne et se plier au lieu de glisser au-dessus. C'est surtout valable pour les volets, où la fente est très large et où il faut bien faire attention au positionnement du scotch afin de masquer la fente entièrement. Volets, ailerons et stab ont tous reçus ce traitement côté intrados. Toutes les aspérités, comme le renfort de stabont aussi été masqués, soit avec de la déco, soit avec du scotch transparent.

Fente masquée spacer Renfort masqué
Fentes d'articulation et renfort de stab masqués.

Ballast

En version « Evo », le Lentus est tout à fait assez fin pour mieux voler ballasté que léger. Les 200 g du train rentrant sont donc les bienvenus, j'avais prévu davantage mais au final c'est suffisant. La vitesse de décrochage est à 22 km/h ce qui est plutôt lent. Le vol dans le petit temps est très bon et le Lentus vole très bien aussi dans le vent plus fort. Pas besoin de la position « vitesse » pour remonter le vent. C'est pour moi, à ce poids, le parfait compromis, eu égard à sa destination. Pour anecdote, par temps venteux (20 km/h au sol), temps gris et 18°, j'ai enroulé une pompe à 19 m d'altitude, ce qui démontre l'étendue du domaine de vol.
Un piqué de 100 m et passage dos ne l'impressionne pas davantage. Ok, ce n'est pas un F3f ni un F5j, mais c'est un planeur sympa.

Après réglage en vol du trim de profondeur, la commande de profondeur doit être sécurisée par du frein filet sur la tige filetée

Lancer le Lentus «Evo » et motorisation

Un chapitre un peu inhabituel pour une position de la main qui l'est tout autant. Surtout ne pas prendre le planeur en arrière du centre de gravité comme on le fait habituellement : vous allez vous tondre les orteils. Il faut en fait le prendre sous le bord d'attaque, ça fait bizarre je vous l'accorde, ce n'est pas non plus super confortable, mais c'est le seul moyen pour que le planeur parte bien à plat. Ensuite il va rester en palier tout en accélérant, en attendant votre ordre à cabrer qui va le monter sous un angle régulier sans vraiment besoin de corriger la trajectoire, ou très peu à piqué de temps en temps pendant l'ascension. Le planeur est donc très neutre au moteur et c'est bien agréable.

Position de la main pour lancer
La bonne position de la main, plus avant que d'habitude pour bien lancer à plat le Lentus.

Ensuite il monte assez fort, entre 9 et 11 m/s en début de charge, et aux environs de 8 m/s en fin de charge. Mon moteur est très proche de celui recommandé, mais j'ai mis une hélice plus grande. Une 13x8, qui charge un peu trop le moteur, car à 58 A au sol, que j'aiabaissé à 52 en réduisant la course à l'émetteur. Une 13x6 serait donc plus adaptée. La batterie est une 3S 3200 mAh reculée au maxi contre le train, il m'a encore fallu plomber tous les orifices possible dans la queue pour bien le centrer.

Lancé main
Le Lentus ne demande qu'à quitter la main pour partir, sans besoin de courir.

Résultats chiffrés

Je n'aime pas trop les chiffres, car d'une part il est difficile de reproduire les mêmes conditions de vols à chaque fois, c'est donc sujet à débat sans fin, et surtout cela ne rend pas compte d'une donnée essentielle : l'agrément ressenti. Une équation, ça ne vole pas. Cependant, ce qui m'a encouragé à faire part de mon expérience c'est en effet le ressenti, mais aussi l'amélioration très significative de certaines perfos. Je n'ai pas poussé, je le reconnais, le vice à faire des tableaux de tout, randomisés ou que sais-je ! Dès lors qu'il y a un résultat positif, faire une liste exhaustive me parait vain, pour ne pas dire scabreux. Mais chacun est libre de continuer ce que j'ai commencé.

Départ bien à plat spacer Le vent fort n'effraye aucunement ce planeur
Au lancé le planeur part bien à plat et garde la pente demandée.   Le vent fort n'effraye aucunement ce beau planeur.

Nous avons donc vu que la boucle inverse passe « crème » après les modifs quand elle nepassait pas avant.
Le taux de chute en vol dos est lui aussi très amélioré. Surtout en phase « vitesse » où la compensation à pousser est faible. C'est un peu moins glorieux en phase « normale » : Ca s'écroule davantage.
En prise de vitesse, le gain est très important. Quand après un long piqué à 30° la vitesse atteignait péniblement les 82 km/h, cette vitesse est maintenant atteinte beaucoup plus rapidement ,un bon tiers de moins en altitude. Avec le même genre de long piqué qu'avant, la vitesse atteint maintenant les 100 km/h. je n'ai pas poussé plus loin. Ce n'est pas un F3b. Les ailes ne bougent pas, mais au sol la souplesse des winglets m'incite à la prudence. Le planeur siffle beaucoup moins, peu dans l'absolu même.
En résumé, la restitution est bien meilleure comme en témoigne la boucle inverse, le vol dos est pas si mal, l'accélération est plus rapide. Franchement je n'en attendais pas autant.
Concernant le taux de chute : les conditions de vol non neutres ne m'ont pas permis de chiffrer l'amélioration. Au final il s'établit aux alentours de -0,6 m/s en moyenne. Même si c'est deux fois plus qu'un Finesse Max, c'est loin d'être mauvais, c'est même plutôt bon. Mais notez qu'ici il y a une marge d'incertitude.
Le décrochage s'établit toujours vers les 22-23 km/h, ce qui est très peu.
La vitesse en palier en lisse oscille entre 28 et 35 km/h , et en phase « thermique » entre 25 et 28 en moyenne. Le vario à énergie totale étant assez précis pour renouveler les mesures plusieurs fois.

Crocos sortis spacer Atterrissage tout sorti
Les crocos sont très efficaces pour poser le Lentus facilement

Conclusion sur les accessoires

Certains Ayatollahs objecteront qu'il y a pour aussi cher d'accessoires que de planeurs, que c'est beaucoup de chichis pour une caisse à poisson. Il faut prendre la question autrement. Tous ces équipements serviront des années, sur ce planeur ou d'autres. Le fait que ce soit une mousse est aujourd'hui une caractéristique et non pas un jugement de valeur. Là où certains voudraient y voir un ersatz, l'EPO de ce Lentus est en fait une peau cachant une structure très High Tech. Sa particularité étant d'accepter certains chocs et de pouvoir être remplacés facilement. Une paire d'aile coûtant 100 €, un fuselage aussi (truffé de renforts en fibre), un Lentus est en quelque sorte immortel, car tous ses équipements de prix sont protégés et l'enveloppe extérieure facile à changer. C'est pour cette raison qu'on ne peut pas appliquer la façon de penser à l'ancienne, ça ne fonctionne plus comme cela…

Lentus Vs Heron

Lentus VS Heron

Beaucoup se posent la question de la différence en vol entre le Heron et le Lentus. Ces deux machines sont presque à l'opposée l'une de l'autre, mais en même temps complémentaires. Le Heron est beaucoup plus vif et pardonne moins, quand le Lentus est beaucoup plus calme et majestueux.

Différence de taille spacer Ailes de Heron et de Lentus
La différence entre le Lentus et le Heron est de taille, comme elle l'est en vol.

Le Heron décroche plus rapidement, mais bien réglé et sans trop faire d'erreur il vole très bien. Plus maniable, c'est un planeur formateur que j'utilise beaucoup pour mes stagiaires. Le Lentus permet de s'approcher davantage d'un planeur de 4 m mais le Heron permet mieux à mes élèves de comprendre ce que j'attends d'eux. Ensuite ils peuvent confirmer leurs acquis sur Lentus. Le Lentus n'est donc pas un grand Heron et n'est pas davantage indiqué pour un débutant.

Pour ma part j'aime bien les deux.


Conclusion

En version de base, le Lentus est déjà une très bonne machine. Equipée, modifiée, améliorée, la version « Evo » permet de s'approcher des performances d'un 4M, en tout cas les sensations et agrément de pilotage en sont maintenant très proches. Que ce soit pour s'initier aux 3-4M ou pour voler partout facilement. Centré correctement, fentes masquées, légèrement ballasté le Lentus en devenant « Evo » est plus facile et plus agréable qu'avant, plus performant aussi. Plus fin, il n'est pas moins lent pour poser et enrouler. Agrément et perfos peuvent être encore augmentés avec l'addition d'un gyro en mode basique ainsi qu'un indispensable vario.
Cette version « Evo » est désormais capable de satisfaire un planeuriste habitué à un minimum de performance, afin de voler partout sans prise de tête avec un partenaire fiable et efficace, assez performant pour voler dans toutes les conditions et poser sur un mouchoir de poche. Ce planeur fait donc tout à fait illusion, le plaisir étant bien présent. Apte à satisfaire à la formation sur 4M, le Lentus « Evo » et ses réglages s'adressent à des pilotes relativement expérimentés ou sous surveillance d'une double commande. Il faut avoir conscience que l'amélioration des performances peut dépasser le domaine de vol pour lequel il est conçu initialement (désolé de ne pas avoir poussé l'essai au crash test !).

spacer
Pierre Alban, très satisfait du Lentus « Evo » pour son école de vol à voile.

Contacter l'auteur : pierre@jivaro-models.org

 
 
 
Home
Revenir en haut
Les réalisations "perso" Des plans à télécharger ou à commander Avions, planeurs, hélicos, matériels disponibles dans le commerce Les événements aériens Des vidéos exceptionnelles, marrantes ou impressionnantes Laissez un mot sur le livre d'or
Des infos pour perfectionner ses modèles Le coin de la bidouille Les "inclassables" sont rangés ici... D'autres pages à visiter L'équipe des auteurs présents dans ces pages Contacter le webmaster
Français English Español Deutsch Italiano
  Ceský Russian Nederlands Português slovenských
D'autres sujets sont classés dans les différentes rurbiques. Cliquer sur les boutons pour y accéder.

Copyright jivaro-models.org
Locations of visitors to this page