Hawker Hunter MK.7
Un gros jet "gratuit" !
Par Laurent
Schmitz
Ne me demandez pas pourquoi, je n’ai
jamais aimé le Hawker Hunter… sauf la version biplace côte-à-côte,
qui a une gueule d’enfer ! Et donc quand un camarade sur
RCGroups a sorti un kit de conversion pour son Hunter monoplace imprimé
en 3D, j’ai craqué !
Le Hunter était un des premiers chasseurs à réaction.
Un des plus réussis, car des organismes d’entraînement
au combat aérien l’emploient toujours, 75 ans après
le premier vol du prototype en 1951 ! Avec ses lignes intemporelles
et sa généreuse surface alaire, le Hunter fait un excellent
modèle réduit volant, pour notre plus grand plaisir.
Les fichiers proposés gratuitement par Timelesswings
permettent de reproduire l’avion en version monoplace
ou biplace, via un kit de conversion.
Le modèle prévu pour une turbine 70 mm est relativement
compact, facile à transporter tout monté du fait
d’une envergure de seulement 93 cm. Sa longueur est de
124 cm (137 cm en version biplace).
Le kit est très complet, puisqu’il est équipé
de volets d’intrados et d’un train rentrant. Dans
cette configuration, il pèse un peu plus de 2 kg,
ce qui est très peu pour un jet à turbine de 70
mm.
La modification en biplace ajoute cependant près de 500
g sur la balance, mais l’avion reste bien motorisé
et pas trop chargé.
Comme la grande majorité des kits modernes d’avions
imprimés en 3D, celui-ci fait appel au PLA moussant "LW-PLA".
L’auteur maîtrise son sujet et l’engin est
à la fois solide et léger.
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Le mode d’emploi fort complet (en anglais) permet de s’en
sortir facilement. Très vite, les morceaux de Hunter s’alignent
sur l’établi. La pièce comprenant les entrées
d’air est malheureusement affublée d’ondulations
sur sa surface, vestiges d’une opération d’étirement
qui s’est mal passée. Ces défauts peuvent être
corrigés en utilisant un enduit de remplissage ultraléger
et une bonne cale à poncer. Par ailleurs, outre les ailes, le
fuselage est démontable au niveau de la turbine, grâce
à un astucieux système de plots et de vis bien cachés.
Je n’aurais jamais cru que ce serait assez solide, mais une fois
assemblé, c’est comme si les pièces étaient
collées. En ce qui concerne les ailes, vu la faible envergure,
la forte corde et le profil épais, on peut très bien se
passer de clé et les coller à demeure.
Une fois monté, l’avion ne donne pas l’impression
"pot de yaourt" des modèles conçus avec une
seule paroi sans remplissage. On peut l’empoigner sans crainte
de l’écrabouiller, ce qui est bien agréable.
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| On voit les ondulations qui dégradent l’aspect
des entrées d’air, et qu’il vaut mieux combler
à l’enduit puis poncer, surtout à l’extrados.
Notez aussi les trappes de train et la prise d’air ventrale,
dont il est préférable de retirer la barre centrale. |
Ma piste en herbe étant ce qu’elle est, je préfère
éviter le train rentrant. Donc j’ai conçu des trappes
pour obturer les ouvertures et un crochet pour le catapultage. Tant
que j’y étais, j’ai collé la dérive
et les volets en place car ils sont peu utiles pour l’usage que
j’en fais. J’ai aussi collé les ailes sans autre
forme de procès. Le gain de masse est bienvenu car j’aime
peindre et décorer mes avions, ce qui les alourdit sérieusement.
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| Le canopy imprimé en PVB transparent avec une
buse de 0,8 mm (explications
ici). Pour éviter qu’il se déforme, j’ai
collé des arceaux en balsa et renforcé l’avant.
Après quelques semaines, le matériau est redevenu
bien rigide. Une buse de 1 mm serait même préférable
pour cette taille de verrière. |
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D’autant que j’ai décidé d’imprimer
le cockpit en PVB transparent et d’ajouter un équipage
dans le cockpit. Ces détails, plus la peinture, doivent peser
près de 300 grammes mais sans le train rentrant et les trois
servos épargnés, mon modèle accuse 2100 g prêt
à voler, avec un accu 6S 3.600 mAh. Une version monoplace sans
train, sans volets, sans dérive et non peinte devrait être
possible à moins de 1700 g : une vraie plume !
Pièces
optionnelles
Vous pouvez télécharger
ici un fichier
contenant les fichiers STL des pièces nécessaires
pour combler le train d’atterrissage, les logements de servos
et imprimer le canopy transparent. Il y a aussi un crochet de
catapultage en PLA+ et des triangles de protection pour les commandes
d’ailerons.
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Dès le premier vol, l’avion s’est avéré
très sain. Décollage à la catapulte sans surprise,
belles trajectoires, sauf une tendance à osciller en roulis dans
les turbulences, un phénomène courant pour les avions
à forte flèche. La puissance laisse un peu à désirer,
signe que la turbine ne respire pas correctement. Mais bien sûr !
En obturant les ouvertures du train, j’ai privé l’avion
d’une partie de son alimentation en air. La solution est de retirer
la partie centrale de l’entrée d’air ventrale et
de retirer 6 cm de la trappe du train avant.
Les vols suivants, l’avion avait une "pêche" plus
conforme à mes attentes, avec la possibilité de passer
d’énormes loopings et toutes les figures "à
l’échelle". Le lacet inverse avec 50 % de différentiel
aux ailerons (2x plus de débattement vers le haut que le bas)
est totalement neutralisé. Le tonneau reste bien axé malgré
cette astuce.
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J'ai pu ajuster le centre de gravité et j'ai constaté
que la position idéale se situait (sans surprise) à l'endroit
le plus en arrière indiqué par Timelesswings (à
176 mm de la ligne de jonction, comme expliqué dans le manuel).
J'y suis parvenu en plaçant le lipo exactement au milieu du compartiment
à batterie. Sans le lourd cockpit transparent et son aménagement,
l’accu devrait certainement reculer à fond.
Avec ce centre de gravité, lors d'un piqué à 45°
sans moteur, le modèle revient doucement tout seul en palier.
Il n'a aucune tendance à décrocher lors de virages à
fort facteur de charge, décroche en ligne lorsque l’avion
est presque à l'arrêt et nécessite peu de profondeur
pour voler sur le dos.
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J'ai soumis l'appareil à des accélérations importantes,
avec des virages brutaux et des piqués à pleine puissance,
et je suis heureux d'annoncer que, bien qu'il n'y ait aucune tige en
carbone dans les ailes, je ne pense pas que je serais capable de le
casser en vol. Il n'y a aucun "flutter" non plus ; l'appareil
est sûr à grande vitesse.
La visibilité peut poser problème car le Hunter est
un avion élégant et rapide ; il a besoin de beaucoup d'espace
de vol et peut donc paraître petit très rapidement.
L’atterrissage est rapide mais facile, car le modèle est
précis. L’avion allonge et finit par glisser une bonne
dizaine de mètres sur l’herbe humide. Pour protéger
les commandes d’ailerons, très exposées, j’ai
ajouté de petits triangles (disponibles dans le dossier en téléchargement).
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Pour contrer une tendance à piquer, j'ai programmé un
mixage de 5% vers le haut à la profondeur à pleine puissance,
mais cela n'était pas suffisant ; j'ai donc augmenté le
mixage à 7% pour les vols suivants. 9% serait parfait, mais des
effets secondaires ont commencé à se manifester, je le
laisse donc à 7%.
Notez que ce mixage n'est pas nécessaire pour les premiers vols,
le moment piqueur à pleine puissance pouvant être facilement
maîtrisé.
Si vous vous posiez la question, les effets secondaires d'un mixage
gaz/profondeur trop important peuvent être désastreux,
en particulier à l'atterrissage :
Imaginez que vous ayez un mix "cabreur" important à
pleine puissance (comme sur mon Hunter, mais en plus prononcé).
En finale, vous estimez que le modèle est trop lent et poussez
d’un coup les watts. À cause du mix, la gouverne de profondeur
se relève immédiatement, avant que le moteur ne puisse
augmenter la vitesse du modèle. L'avion cabre et décroche.
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Imaginez maintenant que vous ayez un mix "piqueur" important
à pleine puissance (fréquent sur les modèles à
profil très porteur). En finale, vous décidez de mettre
plein pot pour atteindre le seuil de piste. À cause du mix, la
gouverne de profondeur s'abaisse immédiatement, avant que le
moteur ne puisse augmenter la vitesse du modèle. Le modèle
plonge soudainement vers le sol.
Entre deux réalisations "perso", j’ai pris beaucoup
de plaisir à réaliser et à faire voler cette légende
aérienne. Le modèle est superbe en vol, les photos parlent
d’elles-mêmes. Merci mille fois à Timelesswings de
mettre ce modèle à la disposition de tous !
Contact
: laurent.schmitz@jivaro-models.org