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Clik 25 - RC-Factory
Un pas de plus vers la voltige
maîtrisée
Présentation : Emmanuel
Elie
Noël est passé par là... L’hiver
aidant, ainsi qu’une réelle difficulté à mettre
mes doigts dehors s’il fait froid, je vole un peu en indoor. Grâce
à Laurent - qu’il en soit éternellement remercié
- je me suis construit un Bigtor,
qui fait facilement, et sans risque de casse, des ronds dans l’espace
d’un petit gymnase.
Je dispose aussi d’un Magnum, mais volontairement équipé
"lourd" pour voler facilement dehors, il n’aime pas être
trop ralenti, et les murs ont la fâcheuse tendance à traverser
devant lui.
Tout cela est un peu frustrant quand je vois les autres membres du club
rivaliser de prouesses acrobatiques avec des montures réellement
faites pour ça.
Alors quelle machine pour progresser dans ce domaine ?
Beaucoup de mes camarades de jeu volent sur Clik, de RC-Factory, et ce
modèle rallie beaucoup de suffrages sur le Net.
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Caractéristiques
techniques |
Nom : Clik 25
Fabricant : RC-Factory
Engergure : 84 cm
Longueur : 95 cm
Surface : 16,7 dm²
Poids : 144 g
Charge alaire : 8,6 g/dm² |
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Moteur : SunnySky X2302 1650 kV
Contrôleur : AeroRC E-power 10A
Hélice : 8x4.5
Batterie : 2S 600 mAh 20C
Servos : PTK 7350 MG-D |
Il est facile à équiper pour quelques euros, facile à
construire en EPP, donc très solide, et n’a pas de système
complexe tel des hélices contra-rotatives ou une traction vectorielle.
C’est décidé, je mets un Clik 25 sur ma liste de vœux
au père Noël, et, pour soutenir un peu l’artisanat français,
j’indique le lien sur Guixmodel.
A la date magique, au pied du sapin, je trouve un carton, plutôt
volumineux, et qui ne pèse… quasiment rien !
Dans ce carton, un autre plus petit et extra plat, contenant
le fameux Clik, et sur lequel, une belle étiquette couleur, reprend
la livrée du modèle commandé et ses principales caractéristiques.
En dehors de cette étiquette, aucune fioriture. Nous sommes sur
de l’efficace, au coûts maîtrisés.
Le petit carton est accompagné d’un petit
mot de Guixmodel. Ça fait toujours plaisir.
Le grand carton a parfaitement protégé le plus petit de
manipulations "viriles" lors du transport, et rien ne semble
avoir souffert.
Dé-boîtage (unboxing en grand breton
!) |
Tous les éléments sont rangés bien
à plat et en laissant très peu de jeu ce qui fait que rien
ne bouge avant l’ouverture. Tout est donc en parfait état.
Pas de manuel dans la boîte, sur laquelle est indiqué
qu’il est à télécharger sur le site RC-Factory.
Nous verrons cela plus tard.
Force est de constater que RC-Factory maîtrise son outil de production.
Les découpes sont très propres, et certaines sont vraiment
d’une délicatesse magnifique.
A l’image de cette découpe pour l’aileron. On y voit
la fente pour le renfort carbone, mais aussi l’élargissement
de cette fente en une découpe pour le guignol, et enfin, ce qui
m’épate le plus, les deux petites saignées pour les
points d’ancrage des haubans.
Autre exemple, le point, maître de toute la géométrie,
en partie basse du fuselage. On y retrouve les points d’ancrage
de trois paires de haubans du fuselage. Quand on sait, qu’en plus,
il y aura deux petites pièces en ABS qui viendront reprendre exactement
ces points d’ancrage, c’est bluffant.
Sûr que cet avion a été pensé
dans les moindres détails. On va donc éviter la créativité
et tout suivre à la lettre.
Je mets donc en contrainte les surface mobiles pendant une heure, ce qui
me laisse le temps de réaliser toutes les petites découpes
pour tout détacher.
15 précautionneuses minutes plus tard, je me
retrouve avec un petit tas de chutes. Ayant vu mes camarades de jeu se
faire "croquer" des morceaux, je garde les plus grosses chutes
pour quelques futures réparations.
Je continue avec l’inventaire du sachet d’accessoire
qui me laisse… Dubitatif. En effet, on dispose des éléments
de renfort des ailerons de la dérive et du fuselage en plat carbone
de 0,2 mm d’épaisseur (oui vous avez bien lu !), mais je
trouve deux largeurs de ces plats carbone ? Pourquoi donc faire cette
différence ?
En étudiant la notice de montage, il semble qu’RC-factory
ai fait face à une variation dans ses fournisseurs, et qu’il
faille considérer ces largeurs comme équivalentes et ne
pas s’en préoccuper.
A noter, dans les accessoires, les guignols, qui semblent
imprimés en 3D, et les chapes, très fines.
Sinon, je n’ai pas trouvé, dans la boîte, le fil nécessaire
à la ligature du guignol spécial d’aileron. Dommage,
à part cela, le kit serait complet.
Quelques clicks (avec un « c »)
sur le site du fabriquant, et je télécharge le manuel PDF,
qui s’avère un peu décevant. Il est constitué
de photos légèrement annotées et tout cela me semble
manquer de précision.
Je fouille donc un peu plus le net, et trouve une vidéo de montage,
par RC Factory aussi, sur laquelle un adolescent montre parfaitement cet
assemblage. Mais… je trouve aussi une autre vidéo, anglo-saxonne,
que je trouve beaucoup plus intéressante, et que voici.
Elle est en anglais, mais, globalement, les images parlent d’elles-même.
Elle combine quelques atouts particuliers :
- La plupart des prises de vue sont faites à la verticale du
plan de travail donnant une compréhension vraiment parfaite.
- L’auteur l’a entièrement chapitrée, ce qui
permet de sauter directement à la partie du montage qui vous
intéresse. A noter cet effort de l’auteur qui neutralise
ainsi le défaut des vidéos qui imposent un hasardeux cheminement
avant/arrière, lorsque l’on y cherche quelque chose.
- On y voit même une erreur, à 2 minutes et 18 secondes,
commise mais commentée par l’auteur.
- Le montage des freins est détaillé, alors qu’il
n’est pas montré sur les autres sources.
- L’auteur montre sa méthode, simple et astucieuse pour
monter, sans prise de tête, les rondelles ressort des pivots de
tringle sur les guignols :
- une planchette dans laquelle, proche d’un angle, on amorce
un trou, j’ai utilisé un diamètre 4mm, pour
recevoir la rondelle et la maintenir.
- Puis on perce au centre de cette amorce un trou plus petit, j’ai
fait en 1.5mm.
- Ensuite, on place la rondelle dans l’emprunte, partie conique
vers le bas. On présente le guignol équipé
d’un pivot que l’on engage sur la rondelle ainsi maintenue.
- Plus qu’à appuyer fermement et c’est fini.
- Si je n’ai pas été clair, c’est à
10 minutes et 4 secondes dans la vidéo.
- Elle propose un montage presque sans cyano, ce qui m’a conforté
dans l’idée de faire pareil. En effet, la cyano est une
colle fantastique et, sur l’EPP, elle fonctionne très bien.
Mais outre l’immédiateté de son collage qui parfois
me stresse un peu, elle est surtout cassante, ce qui, à mon goût,
n’est pas très cohérent avec la flexibilité
d’une mousse.
La rigidité du modèle sera donc laissée aux nombreux
et judicieux renforts carbone, mais les collages resteront un peu souples
et donc probablement plus durables.
Du coup, cette vidéo est juste parfaite à
mes yeux et je ne vais même pas compléter par des photos
de mon montage qui suit exactement les mêmes détails.
Juste pour être clair sur les freins, il s’agit de l’assemblage
de ces éléments, qui forment une palette verticale accrochée
à l’arrière des ailerons :
J’ai tout de même utilisé le manuel
PDF, pour identifier, à chaque étape, la bonne fourniture
à sélectionner dans le fagot carbone.
La colle de la vidéo est difficilement disponible
en Europe et plutôt chère. Pas très convaincu par
la colle contact Sader sans solvant "type néoprène",
au temps de séchage trop long, et ne disposant pas de UHU Por,
j’ai voulu tester la UHU Créativ’ «Mousse à
découper et matériaux souples» qui me semble un bon
équivalent à la Beacon Foam Tac utilisée par l’auteur.
C’est une colle contact transparente, et elle est données
comme très puissante. Elle me semble plus épaisse que la
Sader Néoprène transparente, dont je sais par ailleurs,
qu’elle jaunie avec le temps, pour l’avoir utilisée,
par exemple, sur le BigTor en SuperBoard.
Dès les premiers collages, je me suis senti en confiance avec cette
colle. Pour le montage elle m’a semblé parfaite. Pour le
collage des renforts carbone dans leur saignée, j’ai confectionné
des canules fines en étirant de la gaine thermorétractable
chauffée. Ces canules se bouchent plus vite, mais il est facile
d’en refaire tant que de besoin, et elles permettent de déposer
un filet étroit de colle.
J’étais très confiant, mais le premier vol a révélé
que j’avais été un peu trop avare. Sur les insrtions
des plats carbone, il y avait des manques et des décollements sont
apparus. Bref, il faut charger un peu plus. Quand au jaunissement, là
il faudra attendre quelques années pour se prononcer.
Comme disait Colin Chapman, génial ingénieur
à l’origine des sublimes voitures Lotus, «light is
right», j’ai donc tenu à faire les choses bien, avec
un matériel pas trop pesant. Un point sur mes équipements :
- Aux ailerons et à la profondeur ce sera des Protronik PTK
7350 MG-D, donc digitaux à pignon métal, précis,
rapides et solides (je les avais en stock)
- Pour la dérive il me reste un GWS Pico STD qui devrait faire
l’affaire
- Le moteur sera un X2302
de kv 1650 de chez SunnySky pesant 15.5 grammes. Il est livré
avec des anneaux caoutchouc qui ne supporteront pas de rester montés
et qui se fendent sous la contrainte en quelques jours.
Pas grave, j’utilise une ancienne chambre à air de vélo
de route pour des pneus très étroits, et je la découpe
en tranches qui me font autant de petits élastiques, pratiques
et résistants. Je peux moduler la force en variant la largeur
des tranches et en doublant l’élastique obtenu si besoin.
- Pour l’ESC, un AEORC
e-power 10 ampères donné pour 9 grammes avec un BEC
2 ampères, car je n’ai pas d’équipement HV.
- Je vais commencer avec des batteries 2S
20C de 600 mAh, prévues pour les séries P9xx et K9xx
de WLToys. Je les utilise avec bonheur sur le BigTor. Elles ne pèsent
que 20 grammes, et leurs 20C doivent être suffisants. Nous verrons
bien s’il faut faire plus léger, ou plus faible résistance
interne…
- Pour l’hélice, j’ai des 8x5 en stock, le fabriquant
du moteur préconise 8x4.3, 8x6 ou 9x5. On n’est pas trop
mal. J’attends que mon niveau progresse un peu pour investir dans
des hélices en carbone.
- Et pour le récepteur, j’utilise un petit 4 voies de chez
iRangeX qui me donne toute satisfaction.
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Et ce montage alors, quels sont les pièges
? |
La table du salon est en verre. Je n’aurai pas de chantier plus
plat. Alors on sort le film alimentaire pour la protéger et c’est
parti.
J’ai alterné entre la vidéo et la notice Pdf pour
ne pas rater de détail.
Le premier piège à éviter, c’est de monter
la partie horizontale arrière à l’envers, c’est
à dire le dessus, dessous. Ça poserait problème pour
placer ensuite la série de haubans du fuselage, puis les guides
de tringles de commande de profondeur.
La petite astuce, au-delà des trous pour les haubans, c’est
le décors. Il est différent dessus/dessous, et cohérent
avec celui des ailes.
Le suivant, c’est l’erreur montrée sur la vidéo
d’inversion de la partie avant. Il ne faut pas aligner les trous
qui recevront les tiges du train, mais en placer un à droite et
l’autre à gauche.
Bien sur, l’ajustement de chaque longueur de renfort carbone est
primordial, ceci afin de ne pas créer de tension qui se répercuterait
sur l’EPP que cela finirait par déformer.
Ce qui peut déstabiliser, c’est aussi la non symétrie
du dernier hauban arrière du fuselage, le numéro 6 sur la
notice. Numéro 6 ? Je ne suis pas un numéro, je suis
un homme libre ! Mais je m’emballe. Quittons l’excellente
série du prisonnier pour revenir au Clik.
Bref, ce dernier hauban est unique, côté inférieur
gauche, et il n’y en a pas à droite.
Et pour rester dans le déstabilisant, les haubans de dérive,
les numéros 7 et 8 sur la notice, ne sont pas de même longueur,
alors que je n’ai vu qu’un seul trou pour les accueillir dans
la dérive ?!?
Le plus long est trop long, et le plus court… Trop court. Je ne
vois pas ce qu’apporte leur décalage. Comme je les avais
coupé, je me suis résolu à ajuster le plus long et
à trouver un ancrage adapté au plus court. Mais si c’était
à refaire, et il y a suffisamment de matière avant de découper
tous les haubans, j’aurais coupé deux longueurs de 138mm
et cela aurait été très bien.
Bien respecter le fait, de ne PAS coller le point de croisement des jambes
du train, tant que la partie supérieure du fuselage, et son renfort
vertical carbone ne sont pas posés. En effet, ce renfort vertical
vient se glisser entre les jambes du train, dont il reprend les efforts,
pour les répartir sur l’ensemble de la structure.
L’axe des roues ne passe pas dans les moyeux si, comme indiqué
dans la notice, on les reperce à 1.5mm. Et il est aussi très
(trop) difficile d’emboîter les faux carénages sur
ces axes. J’ai donc percé les faux carénages à
1.5mm, et les moyeux à 2mm.
Et bien 2mm c’est trop ! Les roues prennent de l’angle
et finissent par toucher l’EPP des faux carénages et…
Ne roulent plus. Il aurait fallu percer à 1.6mm, mais je n’ai
pas ça en magasin.
Bon, clairement, les roues, ce n’est pas le mieux pensé dans
ce modèle. Un petit bout de la gaine thermo restante, entre les
roues et les faux carénages, et tout rentre dans l’ordre.
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Une petite dernière concerne les deux ailettes de fuselage qui
se montent dessus et dessous, légèrement en arrière
des ailes. Un décors est présent sur une face seulement
d’une seule des deux ailettes. C’est donc cette face qu’il
faut prévoir de monter, vers le haut, pour une unique raison esthétique,
alors que le fonctionnement serait identique dans toute autre configuration.
A noter que mes servos Protronik sont parfaitement à la dimension
des emplacements prédécoupés. Pour le GWS, il faut
retailler un peu.
Les chapes fournies, à coller sur les tringles carbone, sont bien
adaptées pour les tringles de 0.8mm. Elles sont très légèrement
dissymétriques avec les tringles des ailerons, plus grosses. Je
me suis appliqué à faire une droite et une gauche, mais,
franchement, ça ne doit faire aucune différence notable.
Comme dit plus tôt, les chapes sont très fines. On se dit
au montage dans les guignols que ça pourrait fléchir, ou
même casser. Mais il n’est est rien. Ça se monte parfaitement
ajusté, donnant des gouvernes sans jeu.
A noter, qu’il y a 2 chapes, et un peu de gaine thermorétractable
en extra. Ça peut servir… D’ailleurs, ça a servi
à régler le problème des roues.
Je n’ai pas collé les freins, qui restent donc démontables.
Sinon, à part être un peu méticuleux, le montage est
aisé et rapide. Un après midi et c’est plié,
encore moins si vous utilisez de la cyano, j’imagine.
Au final, je termine à 144 grammes tout équipé, et
la batterie,qui participe à hauteur de 26 grammes, vient exactement
au centre de gravité, preuve, encore une fois, d’une conception
bien pensée.
Ça va voler, et même bien voler. Aucune inquiétude.
Le net regorge de vidéo montrant le Clik en vol, et, clairement,
c’est encore un élément de mon escadrille qui sera
plus limité par mes capacités de pilote que par ses possibilités
intrinsèques.
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Il se trouve que je pilote trop peu avec la dérive. J’ai
même une mauvaise habitude, qui est celle de piloter les deux axes
à dérive, avec la dérive… à droite,
sur le manche des ailerons !
Je suis donc en train de presque ré-apprendre à piloter
pour perdre ma mauvaise habitude. Le Clik aura donc comme mission, de
me forcer à bien gérer la dérive.
Je me lance donc avec humilité, et, même si, comme vu plus
tôt, quelques collages m’ont fait écourter ce vol,
j’ai pu apprécier quelques qualités du Clik.
On voit bien sur les vidéos du net que ça vole lentement,
que c’est super manœuvrant, que c’est précis.
Ce qu’on voit moins, c’est que ce genre de modèle est
incroyablement neutre. C’est à dire, qu’on le pose
en l’air dans n’importe quel sens, on lâche tout et…
Rien ne change ! Ça continue de voler exactement dans
la même position et sur le même axe ! Et avec très
peu de moteur, grâce à la légèreté.
La précision est aussi bluffante, avec tous les freins installés
et sa lenteur de vol, on se prend rapidement au jeu d’aller jouer
avec les murs et autres obstacles. Et pour ce qui est de la manœuvrabilité,
le premier vol s’est fait avec des demis débattements et
40% d’exponentiel, ce qui, pour ma première prise en main,
était bien suffisant.
Et pour ce qui est d’apprendre à doser la dérive,
je vais pouvoir aussi être plus doux sur la profondeur, le modèle
est vraiment très réactif sur tous les axes. Je pense régler
à 40% avec autant d’expo pour la dérive et la profondeur,
et augmenter à 60% le débattement des ailerons au prochain
vol.
Je ne m’autoriserais aucun commentaire sur le vol, n’étant
pas un pilote au niveau de la machine, loin s’en faut.
Mon avis est donc sur le kit et son montage :
On
aime
- Découpes et précision
du kit
- Conception très aboutie
permettant un centrage avec la batterie exactement au centre de
gravité
- Accastillage complet, avec des
chapes et des guignols très bien ajustés
- Kit (presque) complet
- Peu de possibilités de
se tromper
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On
aime moins
- Documentation
peu précise
- D eux détails de hauban
perturbants
- Manque le fil de ligature du palonnier
d’ailerons dans le kit (et il ne manque que cela)
- Instructions inadaptées
de montage des roues
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: manu@jivaro-models.org
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