Présentation : Jean-Paul Frossard
(Papy Solex)
Année 2008, en lisant un
article dans Modèle Mag sur Inter-Ex, je tombe en arrêt
sur une drôle d'aile volante en dépron réalisée
par Lutz Näkel...
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Elle fera mon fond d'écran pendant plusieurs
mois, n'ayant de cesse d'en connaitre son histoire.
Bernard Munoz "Bernardino",
homme de ressources, lançât la recherche et les infos
me furent livrées toutes chaudes... Merci à lui
et ses amis ! |
En 1924, Boris Yvanovitch Tcheranovsky,
de l'Académie militaire Joukovsky fit voler sur les bords
de la Mer Noire une aile volante de type parabolique puis, lui
adjoignant un fuselage, un train monoroue, un moteur Blackburn
"Tom Tit" de 18 cv, il en fit la première aile
volante motorisée.
D'une envergure de 9 m, 250 kg de masse totale, je ne connais
d'elle qu'un tryptique et deux photos... d'époque !
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Caractéristiques
techniques de la reproduction
- Envergure : 2,26 m
- Masse : 4500 g
- Profil : Eppler 186 à
12%
- Moteur : 11 cc 4 temps
- Radio : 4 voies
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1er avril 2010, je commence le traçage du plan
à échelle 1/4 et dans la foulée, j'attaque
la découpe des différents éléments.
Vu l'échelle, je choisis la construction en bois,
à base de contre-plaqué de 3 mm pour le fuselage,
les nervures et de samba pour les longerons et bords d’attaque.
A la défonceuse, j'évide les flancs du fuselage,
donnant un aspect de fausse structure entre laquelle il
ne subsiste que le pli extérieur. |
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Sur un gabarit, je crée le bord d'attaque en samba, 5
plis de 2 mm, en lamellé-collé. |
La corde d'emplanture dépassant 700 mm, j'allège les
nervures à la scie à chantourner, ne laissant que 5
mm de matière "là où il faut". C'est
un travail de bénédictin, mais il y a un plaisir certain
à... faire dans la dentelle ! ;o)
Pour épouser la forme du fuselage, la nervure d'emplanture
est double, façon lamellé-collé avec ce dernier
en gabarit.
Je reviens au fuselage, les arrondis faits avec des bordés
en samba de 3 mm et j'assemble la partie fixe de la dérive.
Voilà, le fuselage est assemblé, le fagot de nervures
va être habillé de ses longerons et bord d’attaque.
Sur la balance, la masse est très raisonnable... J'ai droit
à 4500 g en ordre de vol. ;o)
Le capot réservoir est "shapé" en roofmat,
puis stratifié avec deux sergé 160 g/m² et époxy.
Le train monoroue, qui va recevoir une roue de 120 mm, doit supporter
4500 g, je soigne donc particulièrement sa structure : contre-plaqué
aviation 6 mm, coffrage en contre-plaqué 1 mm.
Profilage du bord d’attaque au rabot électrique (doucement
!) et coffrage de l'aile en balsa 15/10.
Elle commence à ressembler à quelque chose !
J'utilise à nouveau la technique du moule perdu pour la capot
moteur.
...Et en attendant que ça polymérise, je coffre les
élevons.
Le fuselage et le pantalon de train sont marouflés avec un
taffetas 100 g/m² ( 26' ). Ponçage de l'ensemble au 400
à l'eau.
Réalisation du volet de dérive en balsa, articulation
par femelots en circuit imprimé et aiguillot en corde à
piano 15/10.
Les fourreaux d'aile et de fuselage en alu 12 mm intérieur
reçoivent des joncs en fibre du (presque) même diamètre,
je cale à l'incidencemètre les deux ailes qui reçoivent
à l'occasion le dispositif de clé arrière.
Avec du fil de kevlar, j'assure par brêlage la béquille
arrière et les balancines.
Elle commence à me plaire,
Entoilage à l'Oratex... Il n’y a plus qu'à installer
l’électronique et le moteur 11 cc 4 temps, et un peu
de peinture PU au pistolet...
8 mai 2010, soit un mois et huit jours après le premier trait
de crayon, la Bich-3 fait ses premiers vols.
Pour le centrage, j'ai travaillé avec Predim-RC
de Franck Aguerre, en décomposant la parabole de l'aile en
5 trapèzes.
Le profil d'origine était un autostable à 15%, je
lui ai préféré un Eppler 186 épaissi à
12%.
Roulage : Délicat dans l'herbe, avec tendance à passer
sur le nez... J'ai avancé le train de 15 mm et ça va mieux.
Vol : 11 cc 4 temps pour 4500 g, le vol est réaliste mais permettant
toute la voltige de base. Le décrochage est sain, moteur réduit,
le plané est correct... Ce n'est pas un Discus ;o)
Atterrissage : Il m'a fallu pas mal de temps pour apprivoiser la bête
qui avait une fâcheuse propension à se prosterner... Maintenant,
ça va !
Petite anecdote : Lorsque j'ai envoyé les photos à Lutz
Näkel, par qui tout est arrivé, il a eu la gentillesse
de me congratuler mais surtout, il m'a demandé : "Comment
se passe le décollage et l’atterrissage ?" ;o)
Quitte à passer pour un hérétique, j'ai équipé
les balancines de toutes petites roues. Ainsi leur contact avec le
sol ne ressemble plus à un "planté de bâton
de ski" !
Moi qui aime ce qui sort de l'ordinaire, je suis comblé et
je crois avoir attrapé le virus de la maquette...
A l'occasion de la journée « modèles réduits »
de l'île d'Yeu, Oya Fims a produit une vidéo.
"On
est monté à quatre de Charente pour la rencontre
Anjou Ailes Maquettes 2011. Sur une photo tu peux voir le Fauconnet
au tiers de mon frère Phlippe (F-CCLI)
L'ambiance est chaleureuse, j'ai retrouvé plein d'amis,
rencontré des gens qui ont "enfin" pu approcher
le mythique Papy Solex...( un peu d'autodérision ne fait
pas de mal !).
J'ai retrouvé Daniel Renou qui m'avait servi de coach
à Rochefort : un homme absolument charmant.
On y retournera, c'est promis."
Jean-Paul (avril 2011)
Ci-dessus, une vidéo de Christian
Guillaume réalisée le même jour. |
"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous
n'osons pas, c’est parce que nous n'osons pas qu'elles sont
difficiles". (Sénèque).
(Mis à jour le 1er mai 2011)
Contact : papy-solex@jivaro-models.org