Si vous êtes un adepte des pentes, vous
avez probablement déjà rêvé de pouvoir voler
sur des sites reculés, dans des endroits où un planeur de
2 m ne pourrait jamais se poser… ou même de partir facilement
avec un planeur dans votre sac ! C’est dans cet esprit qu’est
né ce microplaneur, un modèle que j’ai conçu
et fabriqué, avec l’idée de pouvoir le transporter
partout sans trop compromettre ses performances en vol. J’ai aussi
eu l’opportunité d’en vendre quelques-uns.
Ce micro-planeur compact
prend très peu de place une fois démonté. Il
peut ainsi être transporté partout, notamment lors
des randos à la montagne pour explorer de nouvelles pentes.
Sa cellule est une association de
l'impression 3D et de moulage en matériaux composites.
Caractéristiques techniques
Nom : M.A.R.C.
Envergure : 60 cm
Masse : 100 g
Surface : 5 dm²
Charge alaire : 20 g/dm²
Profil : FAD5
Radio : 2 voies avec mixage
Le planeur a d’abord été entièrement
conçu numériquement car il comporte plusieurs pièces
imprimées en 3D.
L’objectif principal était de créer un modèle
compact, transportable et agréable à piloter.
Ce planeur M.A.R.C.
a été entièrement conçu numériquement.
Une fois démonté, le planeur tient dans
une valise de 30 cm de large !
La structure combine impression 3D, balsa et fibre de verre : chaque matériau
a été choisi pour son rapport rigidité/poids optimal.
Vous pouvez retrouver plus d'informations, d’images et de vidéos
sur ma page Facebook : @PabloModelisme
Parfaitement calé dans sa
valisette de transport, rien ne peut bouger.
Fuselage
Montage et démontage.
Le fuselage se démonte en quatre parties : le
nez, le corps principal, la tige d’empennage et l’empennage.
Impression PETG contre
TPU
Le nez est imprimé en TPU, un matériau
flexible qui le rend quasiment incassable. Il s’emboîte sur
le fuselage et se maintient fermement grâce à quelques tours
de scotch qui augmentent le frottement entre les deux pièces.
Vue en coupe de la modélisation
en 3D du fuselage.
Le corps est imprimé en 3D. Sa géométrie
permet d’accueillir les servomoteurs, la clé d’aile
et la fixation de la tige d’empennage.
Les servomoteurs sont vissés dans le fuselage et montés
avec des dominos qui se logent dans des gorges dans les ailes pour les
mettre en mouvement.
Ce design compact optimise le centrage et facilite l’assemblage.
La tige de l’empennage s’emboîte sur le fuselage via
un système d’attache rapide, qui remplace les vis d’une
version précédente.
Le planeur peut donc être monté sans outils et très
rapidement.
De petits ergots facilitent le démontage de l’empennage,
et un système d'agrafe sert à emboiter l'empennage
Empennage amovible et
repliable.
L’empennage est découpé dans une
planche de balsa de 1,5 mm à l’aide d’un gabarit imprimé
en 3D.
Les deux surfaces de la queue en V, ensuite reliées par un adhésif,
forment une charnière souple.
Une fois assemblé, l’ensemble s’enfile sur l'agrafe
de la tige pour former l’empennage en V.
Cette solution est légère, robuste, et très pratique.
Voici tous les éléments
démontés : le fuselage en 3 parties, les ailes séparées
et l'empennage pliant.
Ailes
Les ailes sont conçues pour être démontables,
elles s'enfilent donc sur la clé d'aile et sont maintenues par
des aimants placés dans le fuselage et dans l'aile. Elles sont
mises en mouvement par les servos.
Le profil de l'aile est le même que celui du Crobe de Franck Aguerre,
puisqu'il est adapté à l'incidence intégrale. La
forme de l'aile est elliptique pour la répartition de la portance
et aussi l'aspect esthétique. L’envergure étant fixé
pour les contraintes de rangements, j'ai donc dimensionné la corde
pour conserver la charge alaire autour de 20 g/dm².
La technique de construction de l'aile a pour objectif de permettre de
faire des ailes creuses moulées sans passer une éternité
à fabriquer un moule. Le processus est encore expérimental
et présente plusieurs défauts, mais après 4/5 essais,
les ailes commencent à être assez propres.
Les nervures très fines avec leur profil FAD
sont imprimées en 3D.
Les nervures enfilées sur le longeron avec la
clé d'aile à l'emplanture.
Comme l'aile est creuse, j'ajoute une structure interne
qui comprend quelques nervures, un jonc, le fourreau de l'aile et les
aimants pour le maintien.
L'armature des ailes avant le moulage
des peaux de recouvrement en fibre.
Les nervures sont imprimées avec une buse de
diamètre 0,2 mm avec une géométrie qui optimise la
résistance pour le poids. Cette structure pèse environ 6
g par aile.
Les moules d'ailes sont imprimés
en 3D, en plusieurs tronçons raboutés. L'armature nervures
+ longeron va être recouverte d'une peau en fibre de verre dessus/dessous.
Ensuite je prépare les moules : ils sont imprimés
en 3D, en 2 parties car je ne possède pas d'imprimante suffisamment
grande, ils sont ensuite enduits de 2 couches de démoulant PVA,
je ne sais pas si c'est la meilleure option mais les résultats
sont satisfaisants.
Coffrage en cours. Les
moules sont maintenus pressés durant toute la durée
du séchage.
Je lamine ensuite 2 couches de tissus de verre, une
couche de 20 g/m² pour l'extérieur et une couche de 70 g/m²
pour l'intérieur, pour garder un état de surface lisse et
une structure rigide. Je prépare le moule de l'extrados et le moule
de l'intrados avant de mettre en place les nervures puis tout refermer.
J'utilise les vis pour l'alignement et positionne des serre joint pour
garantir que la fibre soit en contact avec les nervures.
Séchage en cours
pour les peaux moulées en fibre formant l'intrados et l'extrados.
Après avoir attendu une journée, je démoule
les ailes, les ponces, recolle les quelques erreurs et découpe
le bord d'attaque et le bord de fuite proprement.
Le processus présente quelques défauts : le bord d'attaque
n'est pas assez arrondi. Si je supprime le plan de joint de l'extrados
et de l'intrados, l'aile ne tient plus.
J'ai aussi quelques défauts au niveau des nervures, qui ne sont
pas toujours bien en contact avec la fibre.
Et j’ai également quelques bulles d'air entre les couches
de fibres et contre le moule.
Electronique
Servos en action
Les servomoteurs pèsent 2g et j'utilise un micro
récepteur 4 voix avec une petite lipo 1s
Avec le placement de mes bras de levier, le planeur a largement assez
de débattement et de force pour voler en tout temps. La batterie
1s permet de voler plus d'une après-midi sans devoir recharger.
Je me suis amusé à utiliser des vieilles batteries de cigarettes
électronique jetable pour essayer d'économiser quelques
sous et ces batteries sont plus résistantes que les 1s que j'ai
pu trouver dans le commerce.
Planeur prêt et essais en vol
Pour le rangement, j'ai aménagé une valise
de 30cm de long, le rangement est donc ultra compact et tient dans un
petit sac à dos, parfait pour partir en rando, à vélo
ou ne pas prendre de place dans la voiture.
En utilisant la mousse de la valise et quelques support imprimés
en 3D, rien ne bouge dans la valise.
En vol au Ménez
Hom.
Dès le premier lancé, j'ai été
surpris des qualités de vol du planeur, il vole vite, et est très
agile.
J'ai pu le tester sur différents types de pente, avec beaucoup
de vent ou très peu de vent.
Le planeur est très polyvalent, se pilote bien, et permet même
de faire quelques figures de voltige : vol dos, tonneau, boucle…
Le planeur vole assez vite, ce qui rend le posé plus compliqué,
heureusement il résiste à quelques chocs.
Montage et démontage
se font en quelques instants sans nécessiter d'outil.
Pistes d'améliorations
Le projet n'est qu'a sa deuxième version, il
y a encore plein d'éléments à améliorer et
d'options à développer.
La construction étant modulable, on peut envisager d'avoir différentes
paires d'ailes, adaptées à différents types de vol
: ailes plus grandes, profil symétrique, ailes vrillées.
On peut aussi prévoir des fuselages interchangeables, avec un moteur,
pourquoi pas des aérofreins dans le fuselage, ou même un
parachute de secours.
Contact :
Si jamais vous êtes intéressé, que vous avez
des retours, suggestions, commentaires à faire, vous pouvez
me contacter par mail : pablo@jivaro-models.org
ou sur Facebook @PabloModelisme.