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9août 2010
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...pour une poignée de roubles !

Encore une production de l'Est bon marché, me direz-vous... C'est vrai, le Lavochkin-15 est un pur produit Soviétique: facile à construire, facile à piloter et dans sa catégorie c'est sans aucun doute le moins cher. Bref, un vrai jet pour prolétaires! Qui sait, ce vestige de la guerre froide pourrait bien vous faire trahir le balsa, la fibre et le méthanol pour passer dans le camp de l'EDF et du dépron...

Texte et photos : Laurent Schmitz

Un "Park Flyer" du genre "volumineux"…

En ce glorieux matin de printemps, le vent souffle sur la steppe. Le prototype du La-15 frémit sur sa rampe de lancement tandis que le camarade-constructeur-pilote ajuste calmement les sangles de son Cockpit MM. Un bref test de la turbine confirme que tout est en ordre. Le pilote lève le bras et s'écrie 'Za Rodina!' (Pour la Patrie!) puis enfonce résolument la pédale de lancement. Le fier chasseur soviétique s'élance alors à l'assaut du ciel, escaladant l'azur sous un angle impressionnant! Pas le temps de toucher à quoi que ce soit, l'appareil se sépare déjà de sa catapulte, à dix mètres d'altitude et 45° d'angle d'attaque... Les dignitaires du parti retiennent leur souffle, tandis qu'un camarade trop bavard hurle : 'Pousse, tu vas décrocher!'. Il sera fusillé pour défaitisme car à la surprise générale, le Lavochkin reprend sa ligne de vol tout seul, aidé par de nombreux coups de trim à piquer... Aux commandes, l'ambiance est moins tendue. A part cette tendance marquée à lever le nez, l'appareil répond docilement. Il est même impossible de le faire décrocher, contrairement à ce qu'insinuait ce traitre à la solde de l'occident ! Cela dit, et sans vouloir critiquer, les ingénieurs de Focke-Wulf prisonniers au bureau d'études Lavochkin avaient raison. Avec son volume important et son poids plume, le La-15 vole plus comme un EasyGlider impérialiste que comme un vrai jet. On peut même faire du sur-place à mi-puissance face à seulement 20 km/h de vent! En revanche, vent arrière le park-flyer géant prend une vitesse formidable et traverse le terrain à toute allure, en illustre représentant du Peuple Victorieux! En le soutenant dans les virages il vire très proprement, même si on se surprend parfois à actionner une gouverne de direction inexistante... Le bruit de la turbine est kolossal et augmente encore la présence de l'engin en vol. Les évolutions sont tendues et très précises, il est facile de passer à trois mètres de l'antenne. Le tonneau tourne de façon réaliste, c'est à dire pas très vite et en légère barrique (de Smirnoff). Le profil d'aile exige par contre un maximum de profondeur à pousser sur le dos. Quant au looping, il se fait ‘à fond les manettes’ car même en piquant à mort l'avion ne restitue pas un kopek... En fait de voltige, on se régale donc de passages de piste (très) bas avec virages 'en oreille' bien coulés pour ne pas lui briser son élan. Un pilotage hybride, à mi-chemin du jet et du planeur en mousse...

L'atterrissage est une formalité.

Stabilité incroyable
Bon, tout ça c'est très bien mais il faut penser à se poser... Le nouveau Héros de l'Union Soviétique aligne le prototype sur la prairie d'herbe grasse (pour tromper l'ennemi et ne pas endommager le fuselage). Avec son aile en forte flèche et ses saumons vrillés, le chasseur est d'une stabilité incroyable. Face au vent, l'approche est lente et l'allongement faible. Le poser se fait nez haut, sans le moindre rebond grâce à la quille arrière, qui plaque immédiatement l'avion au sol. Sans vent, il allonge un peu mais on le place à coup sûr 'aux pieds'. Contrairement à ses homologues au kérosène, ce gros avion convient donc à un terrain exigu. Un avantage tactique, assurément...
Sous les applaudissements du Premier Secrétaire, le camarade-constructeur-pilote prépare déjà son appareil pour un prochain vol. Cette fois, le décollage se fera avec 7% de mixage de la profondeur vers le bas lors de la pleine puissance... Et de fait, glorieusement propulsé par sa catapulte, le Lavochkin-15 part cette fois sous une pente raisonnable pour saluer le triomphe des Masses Modélistes !

Vous l’entendez, le turboréacteur Klimov ?

Banc d'essais volant
Ce modèle n'était pas fait pour durer. Mais comme il connait un succès extraordinaire partout où je le sors, voilà sa vie prolongée de façon inattendue... Au départ, je cherchais un avion 'vite construit', juste pour tester une turbine Kyosho rescapée d'un T-33 crashé. Un brushless de 2.500 t/volts dormait dans un tiroir, tout comme un ancien accu Lipo 4S de 3000 mAh. Quelques 'Google' plus loin et le La-15 était choisi. En fonction de la taille de la turbine (78mm), l'envergure retenue est de 124 cm, ce qui donne l'échelle 1/7e. C'est là que je commets une grossière erreur... N'étant pas habitué aux ailes en forte flèche, je crois avoir affaire à un 'petit' modèle bien adapté à sa propulsion. En réalité à cette échelle le Lavochkin est énoooorme, en tout cas pour un avion en dépron. Posé à côté de mon P-40 de 170 cm d'envergure, il semble de la même taille...
Une fois la construction entamée, pas question de revenir en arrière. Au final, l'avion sort à 1.450 g ce qui est exceptionnel pour un modèle aussi volumineux. La turbine est noyée dans le modèle, il vaut donc mieux la tester au préalable pour être certain que rien ne se détache après quelques vols. Une goutte de 'Loctite' sur le porte-turbine et toutes les vis de fixation est une sage précaution. Et bien entendu, le rotor doit être parfaitement équilibré.
Les modélistes historiens auront constaté que ce La-15 est loin d'être une maquette exacte. Le stab perché très haut sur la dérive du grandeur se trouve ici sur le fuselage. L'aile est un peu agrandie, tout comme l'empennage. Le but est de faciliter la construction et de gagner en charge alaire. Enfin, le pilotage se fait en deux axes, ailerons et profondeur. Souvenez-vous que le modèle était au départ destiné à voler seulement quelques fois pour tester la turbine. Bien sûr, il est tout à fait possible d'ajouter une commande de direction et de rectifier l'aspect 'maquette' de cet avion. Vu le poids obtenu et les performances de l'avion à basse vitesse, quelques grammes de plus ne lui feront pas peur.

Il n’y manque que l’odeur… On peut rêver, non ?

EDF : "Electric Ducted Fan"
Après quelques vols en configuration de base (370 watts, 850 g de poussée et une vitesse un peu ‘limite’), j’ai acheté un nouveau lipo, toujours chinois, mais plus performant. Résultat : ma turbine Kyosho a littéralement explosé au premier essai! Une turbine Haoye de 3 pouces, beaucoup plus solide, a donc pris sa place. Le moteur est devenu un Keda 28-57-14L de 2000 t/v. Il est un poil trop 'lent' pour cette turbine, mais à 41A en pointe la puissance mesurée au sol s'élève à 600 watts. Cela donne 1.150 g de poussée statique et une vitesse d'éjection cette fois confortable. La masse passe à 1.550 g et le centrage avance un peu mais c’est sans conséquences. Quatre éléments lipos '20-30C' de +/- 3000 mAh sont nécessaires pour centrer le modèle. Un contrôleur basique de 60A et un 'UBec' pour l'alimentation radio complètent l'inventaire.
Pour vraiment optimiser ce jet, on pourrait monter jusqu'à 800 watts de puissance en optant pour un moteur de ± 200 g et au "KV" plus proche de 2400. La cellule peut parfaitement s'accommoder d'une Wemotec HW-609 ou même d'une HW-620 de 84 mm par exemple. Si nécessaire, vous pouvez adapter le diamètre du maître couple (MC). Le tube de la veine d'air formera un léger cône de part et d'autre pour rejoindre les couples situés devant et derrière. Cependant, il faut éviter de trop exagérer. Ce jet vole bien surtout parce que c’est une plume. Il n’est absolument pas conçu pour 6 Kokam et un Hacker de l’enfer de la mort !

La construction est simple, mais demande un minimum de savoir-faire. Elle est détaillée sur une autre page, accessible en cliquant sur l'image ci-dessus, tout comme le plan téléchargeable.

Modèle 'perso'
Ne cherchez pas ce La-15 chez votre revendeur, car il s'agit d'un modèle 'perso' que j'ai conçu de A à Z, en commençant pas le tracé des plans sur ordinateur. Il est très bon marché puisqu'il est fait principalement de dépron. En optant pour des composants à bas prix, la propulsion complète ne dépasse pas 200 € (moteur, contrôleur, turbine et accu). Si le pilotage est à la portée de tout modéliste qui maîtrise un trainer 'aile basse', la construction demande par contre un minimum de savoir-faire. Il faut par exemple savoir mouler une verrière. Cela dit, cette réalisation démontre que l'on peut parfaitement faire voler un 'jet' de bonne taille sans être ni riche, ni 'pro' du pilotage. Pour un modéliste débrouillard ayant déjà construit des kits en balsa, le La-15 ne devrait pas poser de problèmes, d’autant que je répondrai volontiers à tous les appels au secours ;-)

Décollage à la catapulte : sûr et efficace.

Une vidéo est visible ici.

Fiche technique
Longueur : 144 cm
Envergure : 124 cm
Masse : 1.550 g
Surface alaire : 35 dm²
Turbine : 76 à 84 mm, 1.000 à 1.400 g de poussée
Propulsion : 600 à 800 watts
Accu : lipo 4S 3000 mAh
Profil d'aile : Clark-Y modifié

Lavochkin-15, nom de code OTAN: 'Fantail'


La défaite allemande de 1945 a livré à l'Armée Rouge un nombre important d'avions à réaction très en avance sur leur temps. Parmi eux, les études de Messerschmitt sur les ailes en flèche et un avion conçu par Focke Wulf, le Ta-183. Il n'est donc pas étonnant que ces travaux constituent la base de deux appareils présentés début 1948 à l'aviation soviétique : le MiG-15 et le La-15. Les deux chasseurs se ressemblent fort : fuselage cylindrique, large dérive portant un stab surélevé, aile en forte flèche,... Le La-15 possède cependant une aile haute, contrairement au MiG, qui est à aile médiane. Tous deux font appel à une copie de réacteur Rolls-Royce : le 'Derwent' pour Lavochkin et le 'Nene' pour Mikoyan-Gurevich.

Dès les premiers tests, le La-15 est le préféré des pilotes : plus maniable, plus facile à piloter et capable de voler confortablement à très haute altitude grâce à son cockpit pressurisé. La mise en production est immédiate et 235 appareils sont livrés. Mais entre-temps, les Britanniques ont amélioré leur moteur 'Nene'. Les modifications profitent directement au MiG-15, par ailleurs plus facile à produire. C'est donc ce dernier qui fait l'objet d'une fabrication massive sous la désignation "MiG-15bis" (plus de 12.000 modèles tous types confondus). Lors de la guerre de Corée, ce sont les MiG-15 qui prennent part au combat. Les La-15, plus performants, sont affectés à la défense aérienne de Moscou et d'autres objectifs capitaux en Union Soviétique. L'avion terminera finalement une carrière aussi brillante que méconnue en 1954.

Contact : laurent.schmitz@jivaro-models.org

 
 
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