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25 mai 2019
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Caprice - Keil Kraft

Vol libre assisté

Texte et photos : Laurent Schmitz (OO-AS300)

Dans le cadre du « challenge bois et toile » de mon club, j’ai choisi le planeur Caprice, de la marque Keil Kraft. Pour l’esthétique douteuse, le côté désuet, la dérive au mauvais endroit, la construction en "dentelle de balsa", les mensurations intéressantes... mais pas pour les qualités de vol. Et pourtant c’est bien le point fort de cet incroyable modèle !

Caractétistiques techniques
Nom : Caprice
Marque : Keil Kraft
Envergure : 122,5 cm
Masse : 185 g en version RC
(190 g annoncés en version vol libre)
Surface alaire : 22,8 dm²
Charge alaire : 8,1 g/dm²
Commandes : dérive, profondeur

Un vent froid mais modéré souffle sur notre terrain perdu entre les betteraves et les arbres fruitiers. J’ai pourtant bien du mal à porter mon tout nouveau Caprice, dont les ailes battent dangereusement sur le fuselage, malgré les élastiques. Je sens que ça va mal se passer…
C’est donc sans grand espoir que je livre l’engin aux éléments. Surprise : entrainé par le sandow, il part bien droit et sous une forte pente. A ce stade, je suis très étonné que les ailes n’aient pas dit « bravo », dans un craquement sinistre de balsa bien sec. Il est donc plus solide qu’on pourrait croire. Le voilà à l’apogée de sa trajectoire et le filin retombe mollement sur la piste. Mon Caprice est scotché à 30 m de haut sans intention de redescendre.

Départ au sandow Accroché au sandow
Le décollage au sandow ne pose aucun problème.

C’est incroyable de le voir flotter immobile face au vent, comme la girouette du clocher. Ah, je vous ai dit que je n’ai pas encore touché aux commandes ? Pas besoin, il vole tout seul ! Je teste tout de même la réponse à la direction, doucement pour qu’il n’embarque pas en vent arrière. Le planeur glisse docilement à gauche ou à droite. Le contrôle est plutôt bon, malgré la minuscule dérive. Voilà qu’un calme passager lui permet d’avancer, avec une pente très, très faible. Je tire à peine la profondeur et il s’arrête aussitôt, sans décrocher. Je rends la main et il repart bien droit. Impossible de tenter une prise de vitesse, vu que la commande de profondeur ne débat que vers le haut. C’est le centrage un peu avant qui le fait descendre tout doucement.

Double dièdre

Dix vols en 30 minutes

A force, il passe maintenant à quelques mètres au-dessus de ma tête. Je le suis en marchant tranquillement alors qu’il arrive à hauteur des yeux. C’est bien la première fois que je rattrape un de mes modèles en marchant. C’est curieux de voir bouger les commandes "en direct". Entre-temps, nous avons parcouru une bonne partie de la piste. A moins d’un mètre, le Caprice vole toujours avec une stabilité déconcertante. Il finit par caresser les herbes hautes en bout de piste. Dès que je l’empoigne, il se débat, les ailes se tordent, l’empennage s’incline… C’est très clair que le Caprice se sent mieux en vol que dans mes bras.

Poésie d’une « vieille toile »
Toute la poésie d’une « vieille toile »…

C’est donc sans hésiter que je retends le sandow pour un nouveau départ. Une demi-heure et une dizaine de vols plus tard, j’ai bien du mal à enlever le sourire de mon visage. J’ai piloté pas mal d’engins en 40 ans d’aéromodélisme mais rien de comparable à celui-là ! C’est une réussite totale, un bonheur absolu. Alors bien sûr, on oublie le 3D et l’acro. Même si un lancement scabreux a permis de vérifier qu’il passe bien le looping, c’est clair qu’il n’est pas fait pour ça. Mais quand il s’agit de flotter dans l’air, c’est tout bonnement magique.

Voler au pas
Il n’y a pas beaucoup de modèles qu’on peut suivre en marchant.

Construction traditionnelle

Fuselage en cours d'assemblage
Le kit est très complet et se monte rapidement sur le magnifique plan.

Avant d’en arriver là, ne pensez pas qu’il vous faudra des mois dans l’atelier. Celui-ci a été monté en deux semaines, à raison de quelques heures chaque jour après le boulot. En fait, le kit est un piège. Après avoir sorti le superbe bois découpé au laser de la petite boîte, on pose les pièces sur le plan "pour voir". Et après dix minutes de repérage, voilà déjà qu’un fuselage apparaît ! Une goutte de cyano, un filet de colle blanche... avant le repas on termine de coller les couples sur les flancs. Pas vraiment besoin des instructions (en anglais et allemand), le plan est limpide et les pièces numérotées. A ce sujet, la seule chose que j’ai changée dans ce qui garnissait la boîte, c’est le plastique transparent de la verrière, trop fragile à mon goût. Je l’ai remplacé par un bout de PET plus épais, provenant d’un emballage ménager. J’en ai profité pour ajouter une cale pour éviter que le bord d’attaque de l’aile ne glisse au-dessus de la verrière.

Stabilisateur géodésique
L’empennage « géodésique » pèse juste 8 grammes.

Stabilisateur entoilé
La tige noire est en carbone, seule entorse aux matériaux "nobles" du kit.

Aile en cours d'entoilage
Structure légère et solide, sans surprise.

L’entoilage (ailes et fuselage) a été réalisé avec le papier livré, posé avec un enduit tendeur nitrocellulosique. Contrairement à ce que les instructions préconisent, je n’ai pas dilué mon enduit et tout s’est bien passé, la structure ne s’est pas tordue. J’avais bien pris soin de caler les pièces avec des poids pendant le séchage. Bien sûr, il est aussi possible de l’entoiler à l’OraLight, ce qui lui donnerait un cachet plus moderne. Pas sûr que ce serait plus léger ; en revanche il serait moins vulnérable aux coups.

Commande de profondeur
Détail de l’astucieuse commande de profondeur. Le fil est enroulé autour de la tige en carbone. L’extrémité est collée dans un bout de gaine thermorétractable qui se glisse sur la tige.

Entoilage à l'ancienne Recouvrement au papier
Entoilage à l’ancienne.   Le papier fourni est très léger et facile à travailler.

Installation radio

Commande de direction
Commande aller-retour pour la dérive. J’ai utilisé les longues pattes d’une diode pour fixer les fils au palonnier. En pliant le métal en zigzag on ajuste facilement le neutre.

Sortie commande de prof
Plein cabré
Au neutre
Le fil de la commande profondeur sort à l’arrière, guidé par une douille provenant d’une fixation de servo.
  Principe de fonctionnement de la commande de profondeur.

Au départ, il est conçu pour le vol libre, avec un astucieux système de "déthermalisateur qui incline tout le stab pour le faire redescendre en cas d’ascendance tenace. De nos jours, il est très simple de le convertir à la radiocommande. Le plus dur sera peut-être de trouver un minuscule accu LiPo 1S de 150 mAh. Le mien provient d’un micro-drone, gadget jetable à des années-lumière du concept des kits "durables" de Keil Kraft. La dérive est légèrement agrandie et commandée par de fins câbles aller-retour en kevlar. Pour la profondeur, j’ai conservé le principe du déthermalisateur. Un fil de kevlar fixé au servo et traversant tout le fuselage retient la surface que l’élastique tend à relever. Cette astuce permet un débattement uniquement vers le haut. Il faut donc veiller à centrer l’appareil légèrement avant pour qu’il descende naturellement. A propos du centre de gravité, ne vous étonnez pas s’il semble très en arrière, ce n’est pas une erreur sur le plan. Sur ce modèle antique, le stabilisateur de grande taille est porteur, ce qui explique la position du CG et les bonnes qualités voilières.

Installation radio
La radio rentre au chausse-pied.

Les micro-servos 5 g rentrent au chausse-pied dans le nez, tout comme le récepteur, l’accu et une trentaine de grammes de plomb. Pour le lancement, j’utilise 10 m de tube élastique de type "1632" (3,2 mm de diamètre externe et 1,6 mm d’ouverture). Celui-ci peut se tendre jusqu’à six fois sa longueur. Il est complété par un fil de nylon d’une quarantaine de mètres. Depuis les premiers vols, j’ai ajouté un petit parachute qui aide à décrocher le sandow. Notez que les jours calmes, le Caprice doit tenir à la pente là où les autres iraient au trou. Pour l’atterrissage, aucun souci puisqu’on peut facilement l’attraper en vol.

Caprice Keil Kraft entoilé

Le bilan de ce voyage dans le temps est plus que positif. La construction à première vue complexe est rapide et à la portée de tous, en grande partie grâce à la qualité du kit. Pour moins de quarante euros, franchement on est gâté ! Quant au vol du Caprice, c’est une révélation. Beaucoup de planeurs modernes bien plus coûteux seront au sol avant vous. Comme quoi, les vieilles recettes ont encore de l’avenir. Alors n’hésitez plus et faites-vous un petit Caprice !

Approche

Contact : laurent.schmitz@jivaro-models.org

Prêt à décoller
 
 
 
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