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1er juin 2006
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Stinger


Qui s’y frotte…

Présentation : Laurent Berlivet

Caractéristiques
Nom : Stinger
Marque : Topmodel CZ
Importateur : Topmodel
http://www.topmodel.fr
Envergure : 95 cm
Longueur : 76 cm
Surface : 13,7 dm²
Masse : 520 à 700 g
Charge alaire : 38 à 51 g/dm²
Profil : Selig 7012


Equipement :

Moteur : Speed 480 Plus (ou format 400)
Batterie : 7 ou 8 élts 500 à 800 mA
ou 2 à 3 Li-Po 1500 à 2000
Hélice : 4,7”x4,7” ou 5”x5”
Prix indicatif : 94 €

Les +
- Comportement en vol tranquille
- Polyvalence (vitesse ou gratte)
- Fuselage spacieux
- Solidité
- Prix

Les –
Petites imprécisions de construction qui deviennent énervantes (couple avant trop petit, perçage pour la fixation de l’aile qui n’est pas juste, fil permettant de tirer les rallonges pas à sa place, assise de stab désaxée…)

De passage chez Topmodel, je suis resté sous le charme de nombreux modèles et plus particulièrement d’un appareil de détente compact, racé mais suffisament spacieux pour pouvoir essayer différents types d’accus : le Stinger. Sous un faux air de racer se cache en réalité un trainer très agréable à piloter qui s’est révélé polyvalent et performant, même en vol plané.


L’allure du Stinger laisse penser qu’il s’agit d’un avion de vitesse. Si l’avion peut voler vite, il peut aussi très bien planer à basse vitesse.

Déballons…
Comme on pouvait s’y attendre en regardant ses formes, le fuselage est moulé en fibre de verre gel-coaté blanc. Le nez est resté ouvert, il recevra par la suite un couple en plaque époxy ajouré. Des entrées et sorties d’air type Naca sont moulées à l’avant et derrière l’aile, et un marquage ressort au niveau du pied de dérive, pour pouvoir y glisser le servo de profondeur. Ce fuselage nu pèse 88 g, c’est une belle pièce assez légère.


Le contenu du kit : du classique mais tout y est...

L’aile est construite en structure et entièrement coffrée. Au premier abord, on pourrait penser qu’elle est en mousse coffrée. L’entoilage réalisé à l’Oracover est parfait ; rouge dessous, blanc dessus. Les ailerons sont provisoirement tenus avec quelques morceaux d’adhésif. Côté intrados, on devine les puits de servos. Cette aile pèse 128 g, là encore c’est plutôt léger et résistant. La notice nous indique qu’elle est dotée d’un profil Selig 7012. Un planeur se cacherait-il sous ce faux air de racer ? Nous verrons ça en vol.
Le stab est une simple planche de balsa 4 mm qui pèse 20 g entoilé.
Pratiquement tous les accessoires sont livrés, des supports servos en passant par les carénages et les commandes ainsi qu’une notice faite de dessins. C’est bien.

Au travail
Malgré la préfabrication avancée, il y a quelques étapes qui demandent du soin.
Commençons par l’aile. Les puits de servos sont fraisés et on devine leurs emplacements sous l’entoilage. Il suffit de le retirer à ces endroits. L’outil idéal est un fer à souder doté d’un embout coupant. En dessous, surprise : on découvre du fil destiné à tirer les câbles d’alimentation des servos. Le problème sur le modèle que nous avons dans les mains, c’est qu’ils sont collés en boule sous l’ouverture et qu’ils ne traversent donc pas les nervures ! Ce n’est pas très sérieux de la part du fabricant qui joue avec nos nerfs. Heureusement, il n’y a que 2 nervures à traverser, donc il suffit d’un morceau de gaine souple glissé à tâton pour y arriver et remplacer le fil permettant de tirer 2 rallonges de 20 cm.


Découpe du film autour des puits de servos. La découpe au fer recolle l’entoilage sur les bords. De petits servos ont été utilisés aux ailerons.
La puissance est bien suffisante ici.
Les carénages moulés en plastique n’ont pas été utilisés. De simples rondelles d’entoilage les remplacent.

Le trou existant est plutôt large et les carénages livrés permettrons de placer des mini-servos un peu volumineux pour ceux qui n’ont que ça sous la main.
Au bord d’attaque, on sent un trou permettant de glisser le téton de centrage en hêtre. Il n’y a qu’à percer le film pour le coller. Vers l’arrière, on sent en tâtant l’entoilage que le trou pour la vis de fixation de l’aile est lui aussi percé. Je vous signale qu’il vaut mieux attendre d’avoir préparé le fuselage avant de retirer le film car il était placé trop en avant sur mon modèle.


Il faut ouvrir la base de la dérive afin d’y loger le servo de profondeur.


Le servo de profondeur dans son puits. Le guignol doit pouvoir passer aussi dans l’épaisseur du pied de dérive.

Passons au fuselage maintenant. Il faut fraiser un flanc de la dérive afin de venir y glisser le servo de profondeur. Choissir un servo assez fin pour qu’il y entre – ça c’est facile - mais aussi pour que le palonnier de vienne pas dépasser. J’ai fraisé un trou plus grand que celui qui apparaissait au moulage afin de pouvoir retirer le servo facilement. Faire des essais radio allumée avant de coller définitivement les supports astucieusement moulés dans une mousse dure mais légère (polyuréthane ?).
Par la suite, cette ouverture sera recouverte par un morceau d’adhésif autocollant blanc (livré).
A l’avant, il faut fraiser les ouïes de refroidissement. Quelques gouttes de cyano posées au bord du trou durciront la fibre et permettront après séchage d’obtenir un contour bien net avec une petite lime, c’est toujours plus joli que de laisser des bavures.


La bonne méthode pour coller le couple juste à sa place. Le moteur est protégé par un ballon de baudruche.


Le couple moteur aurait pu mesurer 1 mm de diamètre supplémentaire car il flotte un peu dans le nez coupé du fuselage. Ca ne facilite vraiment pas le collage qui doit être fait avec un supplément d’époxy pour combler le jour existant. Afin de le coller parfaitement en place, j’ai enveloppé le moteur dans un ballon de baudruche puis j’ai vissé le couple dessus. Ces deux pièces parfaitement positionnées l’une contre l’autre, il ne reste qu’à enduire généreusement l’ouverture frontale du fuselage avec de l’époxy épaissie de micro-ballon et à les y glisser. En enfilant le cône sur l’axe moteur, on arrive à juger du piqueur et de l’anticouple. Pour avoir une vision plus précise, on peut enfiler sur le cône un Compact Disc à la place de l’hélice. Après séchage, on dévisse et on tire sur le ballon qui n’adhère pas à l’époxy. La faible épaisseur qu’il occupait permet de glisser le moteur parfaitement en place, sans forcer.


Les aérations sont indispensables, à l’avant comme à l’arrière.


Le stab a été rendu démontable grâce à deux inters noyés dans le haut de la dérive.

Un renfort en contre-plaqué doit être collé dans le fuselage au niveau du support d’écrou de fixation de l’aile. A ce stade, si vous procédez comme il est prévu par le fabricant, vous allez positionner votre aile parfaitement perpendiculaire au fuselage et percer à travers le trou existant dans l’aile. Il ne faut surtout pas car il arrive en marge du renfort en contre-plaqué. Deux solutions s’offrent à vous : soit vous avancez cette platine de 5 à 10 mm, soit vous percez l’aile un peu plus en arrière que le trou existant. Il reste à agrandir légèrement le trou dans le fuselage pour y glisser par l’intérieur l’embout fileté. Une mise en croix à révèlé que l’assise du stab n’était pas parfaitement horizontale. Pendant que j’en étais à percer, j’ai fraisé deux trous supplémentaires dans le haut de la dérive, au niveau de l’assise du stab, pour y placer 2 inserts filetés de 2 mm et rendre ainsi ce dernier démontable. Le modèle peut alors retourner dans sa boîte pour le stockage et le transport. Pour que le stab soit bien à plat, j’ai collé à la cyano une bande de Bristol du côté le plus bas de l’assise et j’ai ajusté par ponçage.

Equipements
Il faut 3 petits servos pour équiper le Stinger. J’ai placé un servo PS1616 Topmodel CZ pour la profondeur et des Pico+ BB GWS aux ailerons, bien plus petits que ceux qui peuvent entrer. Les carénages livrés sont alors trop volumineux et ont été remplacés par une simple rondelle d’adhésif. Ces carénages serviront sur un autre modèle à l’occasion.
Côté récepteur, on a la place pour loger à peu près ce qu’on veut. J’ai utilisé un RX 6 Robbe. L’antenne sort par une ouverture de refroidissement et est scotchée à l’arrière du fuselage.
Il est possible d’équiper le Stinger avec un moteur au format 400 mais le vol risque d’être assez poussif, même si le comportement général sera sécurisant. Avec un 480, ça ira déjà beaucoup mieux côté vitesse. J’ai utilisé un économique Speed 480 Plus, référence 6320. C’est celui qui est équipé d’un variateur circulaire soudé directement à l’arrière. Pour les courses aux pylônes catégorie 480, c’est une autre référence qu’il faut avec un moteur un peu plus puissant. Côté batteries, j’ai commencé par 7 éléments Sanyo 800 AR, boostés par Electronic Models ainsi qu’un pack de 8 éléments non triés cette fois. L’hélice retenue est une 4,7”x4,7” qui tourne à 14800 t/min en consommant au sol 11,1 A avec 7 éléments. On peut installer des éléments plus gros car la place disponible est encore importante mais ça n’offrira pas d’intérêt avec ce type de moteur.
Par la suite, j’ai essayé, pour voir, avec 3 éléments Li-Po de 1500 mA… et je n’ai plus jamais revolé avec les Ni-Cd depuis ! La consommation passe alors à 13,4 A au sol tandis que l’hélice tourne à 18400 t/min. C’est vrai qu’après un vol sans interruption, le pack, le moteur et même le cône sont un peu chaud mais l’ensemble encaisse sans broncher, et cela avec plus de 10 heures de vols cumulées.

Réglages
On peut faire confiance aveuglement à la notice pour les premiers vols. Centrage prévu entre 50 et 56 mm. La valeur la plus arrière indiquée n’est pas encore critique et pourra encore être reculée pour ceux qui aiment les réactions très vives.
Côté débattements, voici ceux de la notice :
Ailerons : + 15°, - 10°
Profondeur : 10° de chaque côté


Plus on est de fous... Le Stinger est idéal pour se tirer la bourre avec les copains sans se faire peur.

En vol
Il faut accompagner le modèle et le laisser prendre sa vitesse pendant quelques mètres pour que la petite hélice choisie accroche suffisamment. Après, on se retrouve avec un petit avion rapide mais pas trop vif aux commandes. L’action sur la profondeur est très douce, les trajectoires tendues. Les virages peuvent s’enchaîner très serrés, façon course aux pylônes. L’appareil repart en sens inverse sans se freiner. Les figures de voltige de base passent sans problème, même en vertical après une bonne prise de badin car la cellule est très fine et restitue bien.
Moteur coupé, c’est vraiment étonnant comme il plane. En fait, on se retrouve presque avec un planeur aux manches. Ce qui se fait gravement sentir à ce moment-là, c’est le manque de dièdre et l’absence de dérive qui permettrait d’enrouler les pompes.

En gardant une ligne de vol légèrement descendante et en ne serrant pas trop les virages, on arrive à accroître le temps de vol de façon significative.
Pour l’atterrissage, il faut tenir compte de cette caractéristique et venir de très loin, en tirant tout doucement pour arrondir. Si la piste est en herbe rase, il arrive que le modèle rebondisse, bien dans l’axe, si on ne lui a pas cassé toute sa vitesse. Je me suis fait piégé un jour lors d’une approche très longue. Presque parvenu aux pieds, quasiment sans vitesse, l’aile a accroché de longues herbes que je n’avais pas vues. Le modèle a fait un roulé-boulé. 3 vis nylon cassées : celles du stab et de l’aile, rien d’autre. Je ne regrette pas ma petite modif’ de stab démontable.
J’ai pu faire voler mon Stinger configuré en 8 éléments 800 AR en compagnie d’un pilote de démonstration de l’équipe Topmodel et je dois dire que l’équipement de leur modèle ne m’a pas vraiment convaincu : Mega 16/15/3 alimenté par 2 Li-Po 2001 et une hélice 5”x5”. Le vol en patrouille en se tirant la bourre n’a pas permis de départager franchement les deux modèles. Bien sûr, l’autonomie était un peu supérieure à la mienne, et la charge alaire réduite mais je trouve cette motorisation un peu luxueuse sur ce type d’appareil. Vu son coût, ça n’en vaut pas le coup…
En fait, c’est avec 3 éléments Li-Po 1500 mA et toujours le même Speed 480 Plus que j’apprécie le plus le Stinger. Il devient vraiment polyvalent. L’angle de montée est plus qu’honorable, la vitesse au rendez-vous même si on n’a pas encore celle d’un véritable racer 400 et les vols n’en finissent plus. En alternant les phases de vol à pleine puissance avec du vol plané, on dépasse largement à chaque fois les 15 minutes de vol, avec un avion vraiment très sain car peu chargé. Attention toutefois à ne pas prolonger le vol indéfiniment car le variateur livré avec ce moteur économique n’est bien sûr pas adapté aux Li-Po, la fonction B.E.C. interviendrait après une décharge trop profonde. En fait, quand on constate que la puissance baisse de façon sensible, on coupe le moteur et on prépare l’approche.
L’ensemble de cette chaîne de motorisation est bien tiède après un vol mais elle fonctionne toujours comme au premier vol après une bonne saison de services.
Bien sûr, si vous avez un variateur adapté aux Li-Po, vous arriverez à utiliser le maximum de leur capacité.

Pour terminer
Le Stinger est une petite machine agréable à piloter, polyvalente puisqu’on peut la faire voler comme un avion ou comme un planeur. Elle peut être transportée partout, même à la pente où sa finesse permettra de se passer de la motorisation quand ça porte. C’est un appareil un peu hybride puisqu’il n’entre dans aucune catégorie; sa seule destination est la détente, et c’est déjà beaucoup.

Contacter l'auteur : laurent@jivaro-models.org

 

 
 
 
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