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27 décembre 2012
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Space Ship One
Présentation : Laurent et Romain Berlivet

Début juin 2008, 3 mois avant l’édition française de la rencontre Inter-Ex où se retrouvent les passionnés de modèles insolites, il était temps de choisir un sujet original à présenter...
Le Space Ship One, premier appareil privé capable d’envoyer un touriste dans l’espace, avait marqué l’actualité et l’Histoire de l’Aviation en 2004. Il figurait depuis en bonne place parmi mes très nombreux projets, et est finalement passé en tête de liste à ce moment-là.
Ma petite expérience avec les modèles propulsés par moteurs à poudre et les performances des turbines électriques actuelles permettaient maintenant de créer deux semi-maquettes intéressantes de cet ensemble : le planeur-fusée Space Ship One et son avion porteur le White Knight. Restaient à définir les dimensions, le mode de construction, le matériel à utiliser... et il valait mieux ne pas traîner. Le compte à rebours venait de commencer !

Space Ship One Space Ship One
Space Ship One Space Ship One
Space Ship One Space Ship One
Cette curieuse maquette est la reproduction du Space Ship One, première navette capable d’emporter un touriste dans l’espace. L'avion porteur White Knight propulsé par deux turbines électriques sera détaillé sur une autre page.

Caractéristiques techniques

Envergure : 44 cm pour l’aile
68 cm avec les stabilisateurs
Longueur : 75 cm
Corde à l’emplanture : 26,3 cm
Corde au saumon : 22,5 cm
Surface : 11 dm²
Masse : 470 g
Charge alaire : 41 g/dm²
Profil : SB 96 12,7/3
Radio : 3 voies
Moteur à poudre : Estes D12-0


Quelques essais en vol du planeur-fusée Space Ship One et de l'avion porteur White Knight, version radiocommandée.
Tout ne s'est pas toujours déroulé comme prévu... mais l'expérience était très intéressante.
Vol de pente pour commencer puis en plaine avec décollage du sol, largage et mise à feu.
La qualité des vidéos n'est pas top, que ce soit celles prises du sol avec l'appareil photo ou celles en vol avec la Fly Cam One qui coupe avant les meilleurs moments...

Un grand saut pour l’homme...

Le développement du Space Ship One a été en grande partie financé par le milliardaire Paul Allen (cofondateur de Microsoft), en dehors de toute structure gouvernementale.
C’est la société Scaled Composites dirigée par les fameux designers Burt et Dick Rutan qui a été chargée de la conception et de la réalisation de deux appareils novateurs : cette navette mais également l’avion capable de l’emporter à bonne altitude afin qu’elle puisse franchir la limite de l’atmosphère terrestre et atteindre les frontières de l’espace. L’avion porteur White Knight – Chevalier Blanc – porte en fait ce nom en hommage à deux pilotes américains qui ont dépassé les 50 miles d’altitude dans les années 60, à bord de l’avion-fusée X-15 (Robert Michael White et Pete Knight).

Le 4 octobre 2004, date anniversaire du lancement dans l’espace du premier satellite (Spoutnik), le Space Ship One piloté par Mike Melvill (63 ans) remportait le prix convoité Ansari X-Prize en effectuant un second vol habité, deux semaines après un premier vol réussi. Ce prix d’une valeur de 10 millions de dollars était destiné au premier qui réussirait à construire un vaisseau capable d’emporter un pilote et deux passagers (ou leur équivalent en poids et volume) à 100 km d’altitude, deux fois en moins de 15 jours.

C’est d’abord avec l’avion porteur White Knight que commence l’ascension jusqu’à 16 000 m d’altitude avec le Space Ship One suspendu sous son fuselage. A ce niveau, la navette se détache et son moteur fusée est mis à feu, la propulsant à Mach 2 dans une courbe qui devient presque verticale pendant environ 80 secondes. Après le moteur s’arrête et le SSO continue de grimper sur sa lancée. La trajectoire culmine à un peu plus 100 000 m, la gravité disparaît pendant quelques minutes, laissant place à l’apesanteur. Les objets qui ne sont pas fixés flottent librement dans la cabine. A l’extérieur, le ciel est devenu noir et étoilé et la rotondité de la Terre est nettement visible à travers les nombreux hublots.

Le retour vers le sol s’effectue dans un premier temps en « parachutant », avec l’arrière de l’aile et les empennages relevés (comme sur les planeurs de vol libre avec déthermalisateur) de façon à offrir le maximum de traînée aérodynamique pour réduire la vitesse, puis en vol plané comme la navette spatiale, jusqu’à l’atterrissage sur une piste en dur, sur le patin avant et les deux jambes de train dépliées.

Ces pionniers modernes ont donc ouvert une nouvelle voie : celle du tourisme spatial, en proposant un ticket pour l’espace contre 200 000 US $ ; une somme astronomique (forcément !).
Cependant, le Space Ship One n’a pas été exploité et il est maintenant exposé au National Air and Space Museum de Washington, aux côtés de deux autres appareils prestigieux : le Spirit of Saint-Louis de Charles Lindberg et le Bell X-1 de Chuck Yeager.

Space Ship One

 

 

White Knight

 

Le Space Ship Two et le White Knight Two sont en développement, beaucoup plus grands que les premières versions. La nouvelle navette pourra embarquer six passagers et deux pilotes, ce qui permettra de réduire les coûts, le prix du billet passant à 20 000 US $. Les essais sont pratiquement terminés et les vols commerciaux devraient commencer fin 2011, début 2012. Si vous souhaitez prendre place à bord, dépêchez-vous : plus de 320 futurs touristes de l’espace ont déjà réservé leur billet !

Conception des maquettes

Les avions grandeurs sont construits en composites, dans des moules. Les immenses masters ont été usinés par des fraiseuses construites spécialement pour l’occasion dans les ateliers de Scaled Composites, société qui a déjà produit une quantité d’appareils aux formes aussi surprenantes qu’élégantes capables de performances impensables.
Pour nos maquettes, le travail aurait été beaucoup trop long et trop cher s’il avait fallu reprendre le même type de fabrication. Il n’était pas non plus utile de fabriquer des moules pour en tirer des pièces uniques. La méthode du moule perdu ne me convenait pas non plus, imposant un travail trop long pour la finition, et une masse non négligeable. Je me suis donc naturellement tourné vers la construction tout bois, qui permet de réaliser les formes souhaitées relativement facilement tout en restant léger, durable, qui offre une accessibilité maximale et qui accepte une finition classique et rapide au film thermorétractable.
La recherche de documentation a été assez vite réglée... J’ai contacté le fabricant, Scaled Composites, qui entretenait à une époque de bonnes relations avec les modélistes, vu qu’il mettait également au point des prototypes en défrichant les réglages avec des maquettes télécommandées. Mes nombreux mails sont restés sans réponse. J’ai fini par tomber sur un petit plan 3 vues non officiel, chez un fabricant de maquettes plastiques insolites. C’est lui qui a servi de base pour tracer les grandes lignes de cette semi-maquette. De nombreuses photos des appareils "grandeur" trouvées sur le Net ont permis d’interpréter les zones sombres.

Space Ship One Space Ship One
Les pièces ont été dessinées en CAO et optimisées pour une découpe laser afin de gagner un maximum de temps sur le montage.

Le plan a été tracé à l’informatique (environ 4 mètres de long par 1 de large...) et toutes les pièces ont été optimisées pour une découpe au laser qui me ferait gagner un temps précieux et qui permettrait de réduire la masse finale de façon intéressante. Les nuits courtes passées à tracer toutes ces pièces détaillées ont été largement compensées sur la durée de construction. Je remercie au passage (feu) NPM et BLH Andorra qui m’ont livré des découpes parfaites dans des délais records et à tarif raisonnable. Une chose était sûre, c’était que pour pouvoir voler, ces deux engins devaient être construits en pensant constamment à éviter tout poids superflu, les surfaces portantes étant relativement faibles.
La construction fait appel au balsa de 2 et 3 mm et au contre-plaqué de 2 mm, le tout étant bien entendu ajouré au maximum

Le planeur fusée Space Ship One

C’est avec la navette que la construction a commencé : le suite du projet dépendait de son vol et de ses performances.
Le fuselage est construit en deux demi-coques, assemblées suivant un plan horizontal, ce qui permet d’avoir une ligne de référence précise pour caler l’aile.
Deux pièces découpées suivant la forme en ogive sont épinglées sur le plan, puis les demi-couples sont enfilés dessus. Une autre pièce découpée suivant la vue en coupe permet de caler tous les couples à la verticale, afin de respecter un bon alignement. Au niveau de la trappe supérieure, les couples sont doublés mais il ne faut surtout pas les coller l’un contre l’autre afin de permettre l’ouverture.

Space Ship One Space Ship One
Le fuselage est construit en deux demi-coques séparées suivant un plan horizontal. Une platine à l'avant accueillera la batterie de réception.
Space Ship One Space Ship One
Les demi-couples sont en contre-plaqué de 2 mm très ajouré car chaque gramme est compté, ou presque.
Space Ship One Space Ship One

Assemblage d'étroites rondelles pour recevoir les écrous de fixation d'aile.

Space Ship One Space Ship One
Les demi-couples sont doublés au niveau de la trappe, ils ne doivent surtout pas être collés l'un contre l'autre. Les deux raidisseurs sur le plancher serviront à caler le support du moteur à poudre.
Space Ship One Space Ship One
Les demi-couples sont guidés par les lisses latérales. Ensuite, on met en place la baguette supérieure qui sert à caler correctement les couples.

Des baguettes en balsa tendre 4x4 viennent maintenir fermement tous ces couples et servent de base pour plaquer le coffrage. Le principe est le même pour les deux coques, mais les formes sont un peu différentes, les sections cylindriques du nez s’aplatissant sur la partie arrière. Pour la coque supérieure, un doublage est ajouté au niveau de l’assise de l’aile car la seule épaisseur du coffrage aurait été un peu faible sur cette partie amovible.

Space Ship One Space Ship One
Pose des baguettes qui réunissent les couples et renforcent l’armature. Elles serviront de support aux planches de coffrage.
Space Ship One Space Ship One
Le petit couple circulaire servira à positionner le tube supportant le moteur. Mise en place de la baguette supérieure qui sert à caler correctement les couples. Le dessus et le dessous sont construits de façon identique.
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La partie avant est symétrique. A partir de l'aile, le dessus s'applatit jusqu'à l'arrière. Un doublage est ajouté sur la partie haute au niveau de l'aile, avant coffrage général.
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Coffrage en appui sur le chantier, à l'aide de planches de balsa tendre de 2 mm qui viennent se coller à cheval sur les baguettes. Des lattes plus étroites permettraient d'éviter de créer des facettes mais il fallait faire vite. On arrive cependant à les faire disparaître au ponçage.
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Les bandes de bois sont ajustées sur place, et collée sur la moitié de la largeur des baguettes, c'est-à-dire sur 2 mm pour bénéficier d'une bonne surface de collage.
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Coffrage terminé pour la partie basse. Nous ne sommes pas en train de réaliser un bateau, mais bien un modèle volant...
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Doublage interne au niveau de l'aile. La forme définitive sera découpée après coffrage total. La partie haute est collée sur la partie basse avant coffrage.

Une fois le squelette assemblé, il faut procéder au coffrage. Des pièces fuselées sont découpées à la demande dans des planches pour venir chevaucher à mi-largeur toutes les baguettes, de l’avant à l’arrière, en s’appuyant sur tous les couples. Ca consomme un peu de balsa car il reste des chutes, mais le résultat est propre et le recouvrement assez rapide. Une autre solution demandant plus de précision consiste à poser des lattes beaucoup plus étroites, qui épousent donc plus facilement les formes arrondies, comme pour une coque de bateau.
Après coffrage, les deux demi-coques sont collées l’une contre l’autre, puis poncées pour éliminer les facettes.

Space Ship One Space Ship One
Le procédé est le même que pour le dessous. Un bon coup de ponçage permet de faire disparaitre les arrêtes.

A l’arrière, il faut fabriquer le support pour le moteur à poudre. Ce dernier est enveloppé avec un film de mylar pour que la colle n’y adhère pas. Une bande de papier recouverte d’un voile de colle blanche étalée en fine couche est roulée tout autour, pour former une épaisseur d’environ 1,5 mm. Après séchage, le moteur est retiré, puis les extrémités de ce solide tube sont recoupées proprement. Ce support moteur sur mesure est collé à travers le couple arrière, et prend appui sur celui qui précède. Un bouchon de liège vient se placer au centre, contre le couple. Il est taillé juste au diamètre interne du moteur : c’est lui qui servira à le tenir en place, sans forcer. Une fois la poudre consumée, la cartouche vide en carton s’éjectera d’elle-même.

Space Ship One Space Ship One
Un bouchon de liège est ajusté au diamètre interne du moteur à poudre Estes D12-0. C’est lui qui le retiendra dans son logement.
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Le petit morceau de bouchon se colle contre le couple, dans le fuselage. Le moteur est ensuite enroulé dans un film de mylar qui permettra de le "démouler".
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Le moteur protégé par un film de mylar est roulé dans une feuille de papier encollé.
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Après étalage de la colle blanche, le papier est rouler autour du moteur pour former un tube.
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Après séchage, le moteur est retiré facilement grâce au mylar puis le tube est recoupé, glissé et collé dans le fuselage. L'excédent sera recoupé au ras de la partie arrière.

L’assise de l’aile est découpée en s’aidant d’un gabarit en papier, ainsi que la trappe supérieure qui sera solidaire de l’aile, en glissant la lame du cutter entre les couples cités plus haut. La ligne de jonction des 2 demi-coques sert de référence.

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Une lame de scalpel est glissée délicatement entre les couples qui étaient doublés afin de libérer la trappe supérieure.
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L'aile viendra se fixer sur les écrous noyés. La forme de la trappe sera ajustée en suivant le profil.
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Des blocs de balsa mis en forme sont collés à l’avant et à l’arrière.

A l’avant et à l’arrière sont collés deux blocs de balsa, puis le fuselage est soigneusement poncé pour faire disparaître toutes les facettes. S’il subsiste une petite fente entre deux lattes, la meilleure solution pour la reboucher est d’y glisser quelques gouttes de cyano liquide puis de poncer aussitôt par-dessus. La sciure de balsa va venir boucher tout ça au fur et à mesure. Il faut changer souvent le papier de verre qui s’encrasse vite.

L'aile est toute simple

L’aile est très vite construite, avec seulement quelques nervures ajourées et des baguettes, l’ensemble étant intégralement coffré en balsa léger. Il n’y a pas d’ailerons puisque le modèle est piloté de la même façon que le grandeur, avec un stabilisateur en deux parties mixées comme sur un delta. Je n’ai par contre pas reproduit le mécanisme qui permet à toute la partie arrière de l’aile de se relever à 65° en même temps que les poutres et les stabilisateurs horizontaux, façon déthermalisateur... Vu la géométrie, on imagine aisément que le vol plané ne sera pas extraordinaire, donc inutile d’augmenter la charge alaire. Un simple trait de crayon simule après entoilage l’axe de cette charnière...

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Les pièces qui constituent l’aile sont peu nombreuses. Notez les nervures évidées. Des platines permettant de recevoir les servos des tailerons sont intégrées entre les nervures d’extrémité.
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Ces écrous noyés serviront à la fixaton des poutres le long des nervures externes.
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Platine destinée à recevoir le servo d'un taileron (Elle est ici placée à l'envers... Le trou est normalement dirigé vers le centre de l'aile.) Les nervures viennent se glisser dans une bande horizontale qui prendra appui sur les baguettes du bord d'attaque.
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L’aile est construite à l’envers sur le chantier. Le longeron est courbé pour entrer dans les encoches.
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Les nervures possèdent des talons qui permettent de caler correctement le bord de fuite.
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Le bord de fuite un peu épais sera aminci après coffrage. Le renfort de bord d’attaque est glissé horizontalement dans les nervures.
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Pour que le aux bord d'attaque soit parfaitement plaqué, il est nécessaire de reponcer la tranche à l'avant des nervures.
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La structure de l’aile est déjà rigide. On peut la retirer du chantier pour placer le longeron arrière.
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En travaillant à la cyano, le montage est très rapide.
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La structure de l’aile est terminée, il reste à la coffrer. Les servos sont collés sur leur platine et seront inaccessibles après coffrage.
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Cette vue avant coffrage montre que le squelette est très ajouré. L'aile est ensuite coffrée intégralement en balsa de 1 mm léger. Les talons de nervures ont bien sûr été retirés.

Les tailerons

Les tailerons sont en balsa contre-collé et profilé : une âme centrale et un coffrage de chaque côté, fibres croisées. Deux clés en carbone de 2 mm sont emprisonnées à l’intérieur. L’ensemble est poncé de façon à obtenir un profil symétrique.

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Fabrication des tailerons composés de 3 épaisseurs de balsa emprisonnant les clés en jonc carbone.
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Les tailerons sont poncés en leur donnant un profil symétrique.

Les poutres/dérives

Les poutres doivent être rigides car elles sont peu épaisses et prévues démontables. Elles sont construites autour d’une âme en baguettes de balsa, coffrée de chaque côté par du balsa fin. Le système de pilotage des stabs est intégré à l’intérieur. C’est une simple équerre découpée dans de la plaque époxy de 8/10. A l’avant de cette équerre, un tube guidé par des rondelles est emprisonné par les coffrages latéraux en contre-plaqué 6/10. Le « haricot » est creusé précisément pour suivre le déplacement de la clé arrière, et doit rester discret. La commande se fait à l’aide d’une corde à piano de 6/10 coulissant dans une gaine de 1 mm intérieur. Après fermeture du coffrage, le système n’est plus accessible. Il faut donc s’assurer de son bon fonctionnement avant... Le verrouillage des clés de stab se fait avec des bagues d’arrêt de roues vissées côté intérieur des dérives.

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Fabrication des poutres en balsa plein sur l'avant et en treillis à l'arrière. L'ensemble est coffré de balsa 1 mm. Les flancs sont doublés de contre-plaqué 0,4 mm au niveau du renvoi d'angle.
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Le renvoi est découpé dans de la plaque époxy 0,8 mm. La commande est une corde à piano qui coulisse dans une gaine.

Equipements

Deux microservos GWS Naro de 9 g suffisent pour piloter le Space Ship One. Ils sont intégrés dans l’épaisseur de l’aile côté saumons, tout près du bord d’attaque pour être placés en avant du centre de gravité ; ils attaquent directement les commandes qui débouchent des poutres. Ces commandes sont raccordées par des serre-câbles. Il faut donc bien s’assurer de la position des stabilisateurs avant chaque vol. J’ai placé un repère avec un feutre indélébile au niveau du bord de fuite pour être à l’aise sur le terrain et les caler facilement.
Une batterie de 4 éléments de 900 mAh Ni-MH est glissée le plus en avant possible ; elle participe au centrage. Elle doit être parfaitement immobilisée dans la pointe afin de rester bien en place au moment de la mise à feu du moteur qui crée une violente poussée.
Le récepteur Corona 4 voies est totalement perdu dans ce volumineux fuselage, retenu par deux morceaux de Velcro adhésif.
Le système électronique d’allumage piloté par la radio pèse quelques grammes. Un élément Li-Po de 145 mAh est utilisé pour la mise à feu du moteur et ne sera sollicité que quelques dixièmes de seconde.

Space Ship One Space Ship One
L’intérieur du fuselage est presque complètement vide. On devine le récepteur, le contacteur du moteur à poudre et sa batterie spécifique. La batterie radio est placée dans le nez pour respecter le centre de gravité.
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Mise en place d’un taileron dans une des poutres latérales. Les joncs de carbone 2 mm sont glissés dans les trous correspondants. Une rondelle placée au niveau de l'articulation écarte le taileron pour qu'il ne frotte pas sur la poutre.
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Le taileron est maintenu par sa clé avant grâce à une bague d’arrêt de roue.
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Une fois la poutre vissée contre le saumon, la commande de l’élevon peut être mise en place dans le serre-câbles fixé sur le palonnier de servo.

Mise à feu pilotée

La mise à feu du moteur à poudre est commandée par un contacteur électronique de marque Klima étudié pour cette application. Ce petit module de 8 grammes se branche sur une voie libre du récepteur. Un jumper permet de choisir entre un contact simple ou bien multiple si on utilise une voie proportionnelle, pour allumer une série de fumigènes à tour de rôle par exemple.

Pour l’utilisation faite sur le Space Ship One, un contact simple suffit vu qu’il n’y a qu’un moteur à allumer. Je limite donc la batterie supplémentaire qui servira à brûler l’allumeur à un seul élément Li-Po de 145 mAh. Le fabricant préconise une pile de 9 volts qui serait totalement inutile ici.

Lorsqu’on bascule la commande, le switch met 1,2 seconde pour établir le contact et envoyer du courant dans l’allumeur. Ce délai permet d’éviter une mise à feu intempestive à cause d’un top radio.

Une petite led est visible à travers la gaine thermo de ce module lorsque le circuit est en service.

Allumeur Klima
Allumeur Klima
Le petit contacteur électronique qui fait brûler l’allumeur du moteur.
J’ai ajouté une led supplémentaire branchée en Y sur la sortie de l’allumeur et déportée à l’extérieur sur l’arrière du fuselage côté tuyère. Lorsque le contact est mis, elle est bien visible, ce qui signifie que l’allumeur brûlerait aussitôt si on le branchait à ce moment-là. C’est très rassurant visuellement.
La commande est activable avec le manche des gaz sur notre modèle, c’est là aussi plus rassurant qu’un simple interrupteur qui pourrait être actionné par mégarde. Manche plein ralenti, le circuit est ouvert. Manche pleins gaz, la mise à feu s’effectue après un peu plus d’une seconde. C’est largement suffisant pour que le Space Ship One s’éloigne de l’avion porteur une fois largué.
Ce contacteur n’est pas bon marché mais il est fiable et remplit parfaitement son rôle.

Finitions

L’entoilage est réalisé en Oracover blanc. Pour obtenir l’aspect moulé du fuselage, il faut éviter les raccords. J’ai été obligé d’en faire 4, répartis selon les plans de coupe verticaux et horizontaux afin d’être les plus discrets possible. Pour épouser les formes arrondies, il faut étirer fortement le matériau. On y arrive avec un bon fer à entoiler qui chauffe fort et un décapeur thermique. Ne pas hésiter à utiliser un morceau de film trop grand pour pouvoir tirer fermement dessus durant la chauffe afin de le déformer le plus possible. L’opération est assez fastidieuse ; du Vinyle serait sans doute plus facile à poser en le faisant chauffer pour l’assouplir.
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Les autocollants ont été retracés à l'échelle puis découpés dans du vinyle adhésif sur une petite machine Craft Robo. Les marquages les plus fins sont réalisés sur film autocollant pour imprimante.
Space Ship One Space Ship One

Pose du décor en s’inspirant de photos de l’avion grandeur. Les marquages les plus fins sont réalisés sur film autocollant pour imprimante et protégés de quelques couches de vernis en bombe.

Le décor avec ses multiples étoiles est découpé dans du vinyle autocollant, à l’aide d’une machine Craft Robo, tout comme les nombreux hublots, tous identiques. Des bandes rouges aux bords d’attaque, quelques traits de marqueur indélébile pour simuler les volets de direction, les tuiles et autres trappes et le décor est déjà réaliste. Les étoiles bleues sont nettement mois faciles à reproduire. J’ai improvisé pour les découpes et le collage en m’inspirant des photos. Les marquages et autres logos ont été tracés à l’informatique puis imprimés sur une feuille de plastique transparente et autocollante (Print-On de Canson). Quelques couches de vernis en bombe protègent l’encre de l’humidité.

Space Ship One Space Ship One
La sortie de tuyère factice est issue d’une bouteille d'eau minérale en plastique. Elle se glisse en force autour du support moteur. Elle se déforme parfois un peu à cause de la chaleur produite par la flamme. Il faut donc pouvoir de la remplacer facilement.
Space Ship One Space Ship One
La tuyère avec au fond le support moteur. L'intérieur est peint avec un mélange de rouge et de orange fluo. On devine sur le côté les prises pour brancher l’allumeur et la petite led ajoutée par sécurité. Le moteur à poudre Estes D12-0 est enfoncé par l'arrière. Sur l'appareil grandeur, un carénage englobant tout l'arrière a été ajouté par la suite.

Il reste à réaliser la sortie de tuyère factice, simplement découpée dans une bouteille en plastique d’eau minérale. La partie située juste après le filetage du bouchon est alésée afin de venir s’adapter en force autour du tube en papier roulé servant de support au moteur. Cette tuyère est peinte avec du gris et du marron mats, moyennement mélangés pour donner du relief. A l’intérieur, du rouge et du orange fluo donneront un effet de combustion... Il arrive que cette tuyère se déforme à cause de la chaleur dégagée par le moteur, donc ne pas la coller trop fortement pour pouvoir la remplacer.

Space Ship One Space Ship One
Malgré sa faible envergure, le Space Ship One est complètement démontable.
Space Ship One Space Ship One
La géométrie est très particulière, avec un toute petite aile accrochée sur un énorme fuselage. L'envergure de l'aile est inférieure à celle du stab.

Réglages et débattements
Centrage à 98 mm du bord d’attaque Tangage : 12 mm de chaque côté
Roulis : 9 mm de chaque côté

Essais en vol à la pente

Tout juste terminé pour les vacances, le Space Ship One a effectué ses premiers vols à la pente. Pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agissait du Pic du Vissou avec sa falaise réputée.
Les commentaires allaient bon train pendant le montage... "Tu ne t’es pas trompé dans les cotes ?" "Tu n’as pas oublié le stab ?" "C’est fait pour voler, ce suppositoire ? "... Le doute commençait à poindre, il était temps de lancer !
Vu la faible finesse, un lancer main n’aurait pas donné un résultat significatif. Le modèle a donc été lancé directement « au trou ».
Dès les premières secondes, le pari était gagné : l’engin a plongé sur quelques mètres avant de remonter à la sollicitation de la profondeur. Le centrage était visiblement trop avant, mais ça volait, et ça tenait même en l’air aussi bien que les parapentes à l’arrière-plan. Après quelques passages, atterrissage sur l’herbe sèche afin de reculer le centrage. Peu à peu, celui-ci a été affiné, et est passé de 28% à 35% de la corde moyenne. Moi qui croyais que la surface du fuselage en avant du centre de gravité allait porter un peu...

Space Ship One Space Ship One
Les premiers essais du Space Ship One ont été effectués en vol de pente au Vissou.
Space Ship One Space Ship One
Il a juste fallu affiner le centrage en le reculant car le fuselage ne porte pas.
Space Ship One Space Ship One
Ca vole en même temps que les parapentes, preuve qu'il n'est pas utile d'avoir une dynamique puissante pour que ça tienne. Il faut dire qu'un Vissou, la portance est presque verticale.
Space Ship One Space Ship One
Le fuselage est facile à saisir au niveau du centre de gravité.
Space Ship One Space Ship One
Pas besoin de volets à l'atterrissage, une aile aussi étroite se freine assez vite...

La faible envergure fait que le SSO est assez sensible en roulis mais qu’il est parfaitement sain avec des débattements raisonnables. Le tonneau passe en à peine une seconde. Pour la boucle, il faut une prise de badin, mais elle tourne sans problème. Le vol dos tient également de façon surprenante. Il faut dire qu’au Vissou lorsque le vent est bien orienté, même la caisse de terrain pourrait voler à la pente...
Ces essais réussis en version PSS étaient très encourageants et laissaient le champ libre pour se lancer dès le retour à la maison dans la construction de l’avion porteur, le White Knight. Il restait tout juste un mois avant la rencontre...

White Knight et Space Ship One White Knight et Space Ship One

La seconde partie, avec la présentation de l'avion porteur
White Knight en cliquant sur les images
...

Contacter l'auteur : laurent@jivaro-models.org


 

 

 

 

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